Après le meurtre d'Angélique, 13 ans, Laurent Wauquiez le chef de file de Les Républicain a proposé de rendre obligatoire la castration chimique. De quoi s'agit-il ?
AFP

Pourquoi l'afffaire Angélique suscite autant d'émotion

David R., 45 ans a été mis en examen pour séquestration, viol et meurtre dans l’affaire Angélique. Ce chauffeur de bus, père de famille, et voisin de la victime, était déjà connu de la justice pour une affaire de viol. Il avait été condamné à 9 ans de prison dans les années 90 pour viol avec arme, atteinte à la pudeur et vol, et était sorti au bout de 6 ans pour bonne conduite. La récidive, outre l'horreur de cet homicide, c’est notamment ce qui nourrit l’émotion entourant l’affaire : comment David R. a-t-il pu agir à nouveau ?

Réagissant à l’affaire, Laurent Wauquiez, le président de Les Républicains a proposé de rendre la castration chimique obligatoire pour tous les agresseurs sexuels. "Les prédateurs sexuels doivent soit subir une castration chimique, soit rester en prison. Il faut ouvrir la possibilité pour le juge de rendre obligatoire la castration chimique" , a-t-il déclaré dans une interview à 20 minutes.

La castration chimique est un traitement hormornal chimique qui vise "à neutraliser l'hormone mâle et ainsi l'acte sexuel dangereux pour les autres en l'occurrence", explique l’expert psychiatre Rouland Coutanceau à La Dépêche. Toutefois, met en garde l’expert : "la castration chimique n’empêche pas, non plus, totalement les récidives". Contrairement à la castration chirurgicale, la castration chimique est réversible.

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La question du suivi socio-judiciaire

Aujourd’hui, les psychiatres peuvent prescrire un traitement de castration chimique, via des pilules ou des injections régulières, seulement quand le patient est d’accord. C’est précisément pour cela que la rendre obligatoire ne fait pas l’unanimité chez les spécialistes, qui mettent en avant que pour se soigner, un patient doit être volontaire. C’est le même ressort dans la thérapie rappelle Roland Coutanceau. "Pour qu'une thérapie marche, il faut que celui qui la suit s'engage, veuille vraiment se soigner. Et, certains ne disent pas tout à leur médecin, n'abordent pas le vrai fantasme qui les habite. Ce n'est donc pas simple. Ce qui est indispensable pour que les soins marchent : c'est de réussir une véritable frappe chirurgicale sur les ressorts qui conduisent le patient à avoir ce fantasme et à passer à l'acteé, détaille-t-il, ajoutant que thérapie comme castration chimique n’empêchent pas complètement les récidives qui concernent 5% des condamnés.

Aujourd’hui, lorsqu’une personne est condamnée pour viol ou agression sexuelle, le juge peut décider d'une obligation de soins dans le cadre d'un suivi socio-judiciaire. Une étude statistique de 2013 émanant du ministère de la Justice, montre que 39% des condamnations pour viol sont assortis d’un suivi socio judiciaire. Elle précisait également que dans 56% des condamnations pour un viol sans récidive, le suivi socio-judiciaire s’étalait sur une période de 5 à 10 ans, et que dans 19,4% des condamnations sur une période de 10 à 15 ans. Pour les viols avec récidive, 49% des condamnations étaient assorties d’un suivi de 5 à 10 ans et 33% d’un suivi de 10 à 15 ans.

Selon les statistiques de la police, au premier trimestre 2018, les viols ont augmenté de 12% en France, passant de 4 264 cas recensés à 4805, l'année dernière sur la même période. A Paris, la hausse est de 29%, passant de 471 à 608.

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