Abou Bakr al-Baghdadi est mort le samedi 26 octobre. Il était le chef de l'État Islamique. Depuis, Christophe Castaner craint une résurgence des actes terroristes en France. Un expert nous explique la situation.
Mort d'Abou Bakr al-Baghdadi : Christophe Castaner a-t-il raison de penser que vous êtes en danger ?Abu Bakr al-Baghdadi, dans une vidéo de propagande datée du 29 avril 2019. Capture vidéo.Capture vidéo

"Il a mis le feu à sa veste d'explosifs et il s'est tué avec ses trois enfants. Son corps a été mutilé par l'explosion", déclarait fièrement Donald Trump, le dimanche 27 octobre 2019, à propos d'Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'Etat Islamique. L'homme est mort dans la nuit du 26 au 27 octobre, après un raid mené par les commandos américains, rappelle Le Parisien.

Si le président américain s'est félicité de la réussite de la mission, l'enthousiasme n'est pas le même côté Français. "La mort d'al-Baghdadi est un coup dur porté contre Daech, mais ce n'est qu'une étape", a affirmé Emmanuel Macron, pour qui la priorité consiste à défaire définitivement l'organisation terroriste.

Pour sa part, le ministre de l'Intérieur a fait savoir en interne ses inquiétudes. "Dans les heures à venir, la possible intensification de la propagande djihadiste consécutive à son décès, appelant éventuellement à des actes de vengeance, doit vous conduire à la plus extrême vigilance, notamment à l'occasion des événements publics qui pourraient être programmés dans vos départements dans les jours à venir", alerte Christophe Castaner, qui invite les forces de l'ordre à redoubler de vigilance.

Une menace d'autant plus réelle, assure Europe 1, que "l'idéologie de Daech est toujours là". "C'est un coup dur, mais un coup dur prévisible pour les djihadistes qui ont forcément nommé un successeur depuis bien longtemps", estime en effet Wassim Nasr, journaliste pour France 24 et spécialiste des mouvements djihadistes.

"Par principe, il n'est jamais mauvais de faire preuve de précaution dans ce genre de situation. La mort d'Abou Bakr al-Baghdadi s'inscrit de fait dans la liste des griefs que l'État Islamique nourrit à l'encontre de l'occident. Cependant, il est peu probable que l'organisation monte un attentat comparable à ceux survenus le 13 novembre 2015", analyse François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l'institut des relations internationales et stratégique (IRIS), auteur de l'ouvrage Terrorisme - Violence et propagande, publié aux éditions Gallimard. 

"Cela ne signifie pas qu'il n'y a aucun risque, d'autant plus qu'il y a de fortes chances que des individus décident d'agir en solitaire, armés d'un couteau par exemple. Mais l'État Islamique ne semble plus en mesure de mener une opération de grande envergure depuis le Bataclan", résume le chercheur. "Attention cependant : il y a peut-être d'autres éléments que nous ignorons. Mais dans l'immédiat le scénario d'un attentat massif n'est pas, a priori, le plus probable."

Terrorisme en France : quelles sont les menaces ?

Pour le directeur de recherche, le djihadisme dont la France est la cible relève moins de l'action d'un État ou d'une structure hautement hiérarchisée que de celles de petits groupes peu organisés. "C'est là le coeur de la menace aujourd'hui", explique-t-il à Planet.

"La situation française ressemble assez à ce que les Russes appellent routine terroriste. Concrètement, cela veut dire que la population s'attend à un attentat régulièrement, après quelques mois. C'est horrible parce que cela tue des gens mais globalement, le phénomène est intégré : on va en parler quelques jours dans les médias et, rapidement, le sujet sera évacué", souligne François-Bernard Huyghe.

Retrouvez vos produits et commandez en ligne ! High-Tech, Cuisine & Maison et Bien-être, retrouvez nos offres !

Cet article vous a intéressé ?

Découvrez encore plus d'actualités,
en vous abonnant à la newsletter de Planet.

Votre adresse mail est collectée par Planet.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.