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Fonctionnaire : un statut qui n’a plus de légitimité aujourd’hui ?

Si Emmanuel Macron et, d’une façon générale, un pan de l’opinion publique souhaitent revenir sur le statut de fonctionnaire, c’est précisément parce qu’il fait débat. D’aucuns estiment qu’il devrait être modernisé, voire supprimé. "Indéniablement, la fonction publique telle qu’elle existe actuellement, est très largement remise en question. Du fait de sa masse salariale, entre autres, elle compte pour beaucoup dans les dépenses publiques qui sont déjà plutôt élevées. Forcément, taper sur le statut est tentant", juge Alexandre Delaigue qui estime que le contexte ne justifie plus tous les objectifs qui avait légitimé la construction du statut. La décentralisation de la fonction publique, par exemple, a nécessairement réduit son impact et son rôle de garant de l’Etat unitaire.

"A-t-on encore besoin d’une fonction publique mandarinale comme celle que nous avons aujourd’hui ? La réponse est éminemment politique et relève beaucoup du choix de société. Aujourd’hui, la génération au pouvoir est très attachée aux modèles de management issus des grandes entreprises. Ils calquent donc ces nouveaux modèles sur la fonction publique qui intègre de plus en plus de logique du privé", note l’économiste. "La tendance actuelle est clairement à l’unification de tous les droits du travail sous un statut unique. Est-ce nécessairement la meilleure solution ? Pas nécessairement", poursuit-il. Selon lui, le statut du fonctionnaire est "probablement à reconstruire", notamment parce que certaines des notions sur lesquelles il a été construit sont "désormais désuètes". "Cela ne signifie pas que la tendance ne puisse pas s’inverser, au contraire", précise-t-il toutefois.

Pour Luc Rouban, si ce statut n’est pas forcément nécessaire absolument partout où il est appliqué, il reste extrêmement d’actualité. "Ce statut est toujours efficace. C’est criant dans la fonction publique territoriale qui est sortie de la logique de corps depuis la loi Galland, votée en 1987. Mécaniquement, un constate un retour considérable de la politisation dans ce volet de la fonction publique, ce qui signifie que les agents sont amenés à servir des intérêts privés ou partisans", assène le sociologue, pour qui la fonction publique est également garante d’une "certaine vision de la République". "Quand elle ne peut pas être instrumentalisée par le politique ou des intérêts communautaires, par exemple, elle fait office de zone tampon. Ce n’est plus tout à fait vrai pour le volet territorial, aujourd’hui", observe le chercheur.

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