Depuis une dizaine de mois, trois affaires ont suscité une profonde émotion : les affaires Maëlys, Alexia Daval et Angélique. Pour chaque dossier, le principal suspect est passé aux aveux avant d'être placé en soins psychiatriques.

Nordahl Lelandais, Jonathann Daval et David R. soumis à des évaluations régulières

Cette semaine, David R., le suspect qui est passé aux aveux dans le viol et le meurtre d’Angélique, 13 ans, a été placé en soins psychiatriques. Une mesure déjà mise en place récemment dans les affaires Maëlys et Alexia Daval, où, Nordahl Lelandais et Jonathann Daval ont été placés sous surveillance médicale étroite. Cette mesure est parfois loin d’être comprise et beaucoup accusent les suspects de vouloir se soustraire à la justice, une idée que déconstruit Roland Coutenceau, expert psychiatre criminologue auprès des tribunaux, dans La Dépêche

Il rappelle dans un premier temps que ces décisions émanent de médecins professionnels, "qui se prononcent sur des données scientifiques et médicales précises et éprouvées". Peut-on tricher sur son état psychologique ? Oui, mais pas indéfiniment, d’autant que les détenus placés dans ce type d’unité sontévalués très régulièrement : "Il peut y avoir des calculateurs (…) Mais, on ne peut pas tricher longtemps. Il y a des données objectives, des comportements, fonctionnements qui révèlent votre état réel (…) ces patients se voient prescrire un traitement qu'ils prennent sous contrôle de personnels de la pénitentiaire. Ils sont également réévalués tous les jours pour déterminer s'il convient de les garder encore en unité spécialisée", détaille Roland Coutanceau, qui précise que les conditions de détentions en soins psychiatriques sont toutes aussi contraignantes.

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Une décision aussi pour les proches de Maëlys, Alexia Daval et Angélique

Pour ceux qui estimeraient que la justice oublie les victimes en protégeant les suspects d'eux-mêmes, Roland Coutanceau explique qu’un suicide serait très mal vécu pour la victime et sa famille et que justement le placement en unité médicalisé permet aussi à la justice de faire son travail. "Lorsqu'un criminel (…) se suicide en détention avant d'être jugé, toutes les foudres s'abattent sur ceux qui avaient en charge sa détention. Ils sont accusés de tout. Et, je pense que cela joue aussi dans la décision de placer ces présumés coupables dans des unités spécialisées", ajoute le spécialiste.

Sans minimiser le drame qui se joue pour les proches des victimes, Roland Coutanceau précise que le risque de suicide est réel : "toute personne entrant en prison, même sans être atteinte d'une maladie psychiatrique, subit un choc. Celui de l'incarcération. Beaucoup dépriment et c'est une réaction classique, normale en quelque sorte. De plus, le fait de se projeter dans l'avenir, de se dire je vais rester dans un univers comme celui là pendant 20 ou 30 ans met un coup supplémentaire. A cela, il faut ajouter la sidération que certains ont pour l'acte qu'ils ont commis et qui est considéré comme l'horreur la plus terrible pour les autres, pour la société". Une prise de conscience et une pression qui peuvent par ailleurs être accentuées dans le cas d’affaires particulièrement médiatisées.

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