Véritable info ou grosse intox ? L'information est très partagée sur les réseaux sociaux. Certains demandeurs d'asile bénéficieraient de cartes bleues créditées à hauteur de 1 200 euros par mois…
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L’Etat distribue-t-il des cartes de crédit aux migrants ? Non !

Un message alarmiste et indigné a été partagé 120 000 sur Facebook en l’espace d’une semaine. L’auteur entend alerter les citoyens français : il dénonce la distribution par l’Etat de cartes bleues aux demandeurs d’asiles, créditées à hauteur de 1 200 euros par mois. Problème : il s’agit d’une intox. L’information est fausse, comme le souligne France Info.

L’Etat, rappelle le site d’information, ne distribue pas de carte bancaire. Toutefois, certains demandeurs d’asile bénéficient effectivement d’aides. Ils doivent répondre à certains critères pour pouvoir les percevoir : être majeur, avoir des ressources mensuelles inférieures au montant du RSA (550,93 euros pour un parent seul, en 2018) et avoir accepté les conditions d’accueil proposées par l’administration.

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S’ils remplissent ces trois conditions, les demandeurs d’asile reçoivent alors une carte de retrait. Cette dernière n’est pas une carte bancaire. Elle ne permet pas de payer directement chez un commerçant et une majorité de ces migrants n’ont de toute façon pas de compte en banque en France.

Cette carte de retrait leur est distribuée par l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Elle est alimentée pendant les 9 mois nécessaires au traitement de leur demande, permettant à l’Etat de leur verser l’allocation pour demandeur d’asile, conformément au droit international. Le montant exact de l’allocation varie selon la taille de la famille. Un adulte seul touche 6,80 euros par jour.

Un couple bénéficie de 10,20 euros quotidiens. Pour percevoir 1 200 mensuels, la famille devrait compter 10 personnes, précise la radio.

Si les demandeurs d’asiles profitent d’une telle aide, c’est parce qu’ils ont interdiction de travailler aussi longtemps que leur demande n’est pas traitée. En outre, ils ne sont pas éligibles aux allocations familiales, aux allocations logements ou RSA. C’est donc cette aide qui leur permet de survivre.

L’Etat distribue-t-il des cartes de crédit aux migrants ? Une intox au cuir solide

Ce n’est pas la première fois que cette intox sème la discorde en France. En 2016, Le Monde revenait déjà sur cette fausse information, particulièrement partagée sur les réseaux d’extrême droite. L’eurodéputé Bernard Monot (Rassemblement National, ex-FN) avait d’ailleurs participé à sa diffusion.

Depuis, elle revient de façon épisodique, comme en témoigne des tweets publiés en avril 2017.

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