Le journaliste de RFI David Thomson vient de publier "Les Revenants", un livre sur les djihadistes français de retour sur notre territoire. Découvrez des extraits de son enquête.
AFP

Très actif sur Twitter où il renseigne sur les agissements des djihadistes français partis en Syrie, David Thomson vient de publier un livre sur la question. Dans Les Revenants (Le Seuil-Les Jours), publié le 1 décembre, le journaliste de RFI donne la parole aux djihadistes français partis en Syrie, et de retour en France.

Ce livre est le fruit de deux années d'entretiens avec ces personnes qui ont décidé de rejoindre les rangs de l'Etat islamique. Ces derniers racontent leur embrigadement, leur quotidien à Raqqa (le bastion de l'organisation terroriste) et leur retour en France. Si certains reviennent, tous ne sont pas des repentis, bien au contraire.

" C'est l'enseignement de ces deux ans et demi d'entretiens avec ces Français et ces Françaises qui sont revenus de Syrie et d'Irak. (...) Tous reviennent déçus de cette réalité qu'ils ont découvert là-bas. Pour eux, c'est un rêve ce projet de jihadisme, mais ils sont pour beaucoup toujours encrés dans une radicalité religieuse, une radicalité violente ", explique le journaliste à France 2

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"Le seul projet des démocraties occidentales, c'est de consommer"

Il y a par exemple le cas de Zoubeir, 20 ans. Il a grandi dans une cité HLM de Seine-Saint-Denis avec ses parents , originaires du Maghreb. Au moment de son départ en Syrie, Zoubeir est mineur, en terminale technologique, et plutôt bon élève. Mais passés les 16 ans, Zoubeir est dans une quête spirituelle à laquelle la société contemporaine ne lui donne pas de réponse. "On nous pousse à consommer, consommer plus, relève Zoubeir. Mais au bout d'un moment, consommer, ça ne donne pas une raison de vivre. Quand on voit que le seul projet des démocraties occidentales aujourd'hui, c'est d'offrir du pouvoir d'achat aux gens, c'est vide, ça donne pas envie de vivre."

Tourmenté, le jeune homme resentait un manque. "J'avais un vide spirituel à combler et je l'ai comblé avec la religion", se souvient-il. Zoubeir commence alors à suivre un groupe de salafiste à la mosquée de son quartier. Sa radicalité commence également. "Petit à petit je pensais que ce n'était jamais assez, et que le stade le plus élevé, c'était le djihadisme", explique-t-il dans le livre. C'est sur Internet que la bascule a commencé. De recherches en recherches, il tombe sur un djihadiste français qui l'endoctrine. Une première discussion a lieu en avril 2013, et six mois plus tard, Zoubeir, 16 ans, se retrouve en Syrie. Finalement, après y être resté un an, il est rentré "dégoûté" de son expérience. "Une énorme connerie", selon ce fiché "S".

Lena, revenue de Syrie encore plus radicalisée 

Un autre récit, plus dérangeant. Celui de Lena (son prénom a été modifié), partie faire le djihad en Syrie, il y a un an, où elle y a subi des violences physiques et psychologiques. Mais paradoxalement, à son retour en France, la jeune femme a été fascinée par le groupe de femmes qui a tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz près de Notre-Dame. Elle veut même repartir en Syrie, et a déclaré vouloir commettre une action terroriste. "Elle m'a dit que l'attentat de Charlie Hebdo était le plus beau jour de sa vie", se souvient le journaliste de RFI.

"On a cru que les femmes (parties en Syrie, ndlr) étaient simplement soumises. En réalité, ce qu'on voit dans ces entretiens, c'est qu'elles sont extrêmement déterminées, fanatisées, parfois encore plus que les hommes", explique David Thomson. 

Enfin, le journaliste a annoncé hier une faille dans le dispositif de sécurité des djihadistes de retour en France. L'un de ses intervenants, pourtant sous contrôle judiciaire, a pu repartir en Syrie...

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