Manque d'effectifs, épuisement, heures supplémentaires non payées… Antonin J. raconte son quotidien au sein de la brigade chargée de protéger les hautes personnalités.

Les policiers du Service de la protection (SDLP), anciennement "Service de protection des hautes personnalités", sont à bout.

Dénonçant le manque d’effectifs, les missions qui s’accumulent ou encore les 1,3 millions d’heures supplémentaires impayées, le syndicat Alliance indique que plusieurs policiers pourraient porter plainte. "Il faudrait prendre en compte ce qu'ils ressentent. Ça éviterait peut-être justement que des fonctionnaires aillent saisir, par l'intermédiaire d'un avocat, la justice pour exprimer le mal-être qu'ils vivent dans ce service…", fait savoir le patron du syndicat des policiers, Jean-Claude Delage.

"Nos conditions de travail sont devenues insupportables"

Pour comprendre justement cette colère, Antonin J., l’un des policiers du Service de la protection, a expliqué son quotidien au magazine l’Obs.

"Depuis les attentats de janvier (à Charlie Hebdo, NDLR), notre rythme et nos conditions de travail sont devenus insupportables.", explique celui qui travaille au SDLP "depuis de longues années". En cause notamment, l’ajout de protection "de journalistes, d’écrivains, d’essayistes…", alors que les missions de ces policiers d’élite ne concernaient à l’origine que les ministres et secrétaires d’Etat.

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Et Antonin de pointer les missions toujours plus nombreuses du fait des réductions du personnel. "Nous avons perdus une centaine de postes au sein du Service de protection" depuis que "nous avons été victimes de la réforme des fonctionnaires."

Ils doivent même protéger une personnalité la nuit si elle fait la fête

"Le plus difficile à supporter, c’est notre rythme de travail", explique ce membre de la SDLP qui, comme ses collègues, lui arrive de travailler 30 jours d’affilée, "suivi de deux ou trois jours de repos seulement". "Ce n’est pas tenable, d’autant que nos journées sont longues : le plus souvent, elles commencent à 8h et se terminent à 23h. Il nous arrive aussi de devoir protéger une personnalité jusqu’au bout de la nuit, si elle a décidé de faire la fête.", déplore Antonin qui a mis sa vie familiale entre parenthèses.

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