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Le docteur Petiot : un tueur machiavélique sous un masque de normalité

Le cas de Marcel Petiot est encore plus mystérieux que ne l’est celui de Landru. Si les côtés crapuleux et sexuel de la première affaire ne sont pas difficiles à déceler, les crimes du docteur Petiot ne répondent pas à la même logique.

En 1941, celui qui est diplômé en médecine - et qui a connu une courte carrière politique - achète un hôtel particulier dans le 16e arrondissement de Paris et le transforme en clinique. Quelques mois plus tard, il propose à des personnes poursuivies par la Gestapo – des Juifs ou des petits malfrats – de leur fournir un passage clandestin jusqu’à l’Argentine. Il tue en réalité chaque personne à laquelle il a promis de l'aide. Interrogé par la Gestapo et torturé à la prison de Fresnes pendant huit mois, car soupçonné d’être un résistant, il n’avoue rien.

Ce n’est qu’en 1944 que les horreurs qui se jouent dans cet hôtel particulier sont découvertes par les forces de l’ordre. Les policiers font face à un véritable charnier, avec des corps en décomposition, dépecés et d’autres qui brûlent dans une des chaudières du bâtiment. Dans la cour, ils découvrent d’autres cadavres rongés par la chaux vive, mais aussi des valises, des vêtements et des objets, dont des bijoux.

Marcel Petiot était un tueur intelligent et organisé

Comment le bon docteur a-t-il pu devenir un meurtrier ? La puissance criminelle de Marcel Petiot est montée en puissance tout au long de sa vie, mais le docteur a basculé durant l’Occupation. À ce sujet, Sylvain Larue rappelle qu’il s’agissait d’une période "trouble, propice à toutes les déviances, toutes les folies, tous les crimes". "Marcel Petiot est déjà un criminel avant cette période-là, mais il l’avait fait de façon discrète, ce qui prouve que c’était un tueur intelligent et organisé", ajoute l’auteur, suspectant qu’il a "presque sauté sur l’opportunité de faire tout et n’importe quoi".

Décrit comme fou, il avait sûrement plusieurs facettes, mais sa folie n’a jamais été établie pour sûr et il est impossible de poser un diagnostic près de 80 ans plus tard. Pour Sylvain Larue, à l’assassin sordide s’ajoute "un masque de normalité et de bienveillance", dont il pouvait faire preuve quand il le souhaitait. "Il avait la réputation d’un bon médecin, généreux, donc c’est difficile pour l’opinion publique de s’imaginer qu’un tueur aussi machiavélique puisse se cacher sous la normalité", ajoute-t-il auprès de Planet.

Jugé en 1946, il n'avoue aucun des 24 crimes pour lesquels il est condamné à la peine de mort. Au moment d'être guillotiné, il affirme à son avocat être "un voyageur qui emporte ses bagages". Une phrase qui ressemble étrangement à celle prononcée par Landru 20 ans plus tôt. Comme Landru également, Marcel Petiot était organisé et c’est ce qui lui a permis d’échapper à la police pendant tant d’années. Ce ne fut pas le cas de Roberto Succo, surnommé "le fou", un tueur désorganisé qui a commis ses crimes dans les années 1980.

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