Le maire LR de Chartres (Eure-et-Loir), Jean-Pierre Gorges, a fait savoir qu'il ne souhaitait pas inhumer dans sa ville Ismaël Mostefaï, un des assaillant du Bataclan.

La dépouille d'Ismaël Mostefaï, un des terroristes des attentats de Paris qui ont fait 130 morts, est toujours à l'Institut medico-légal de Paris (IML) dans le 12e arrondissement de Paris, où les corps des terroristes ont été autopsiés. Comme le rapporte L'Echo républicain, la mairie de Chartres (Eure-et-Loir), ville où résidait le premier kamikaze identifié du Bataclan, refuse que ce dernier soit inhumé dans la commune.

La loi prévoit qu'en cas de décès trois villes sont possibles pour enterrer le corps d'une personne : la ville du décès, la ville de résidence où tout autre commune s'il y a un caveau famillial.

"J’ai vérifié, légalement, pour moi, il ne remplit pas les conditions"

"J’ai vérifié, légalement, pour moi, il ne remplit pas les conditions. La famille Mostefaï a quitté la maison de La Madeleine en 2012. Lui est certes resté encore ici, mais il n’avait pas d’adresse propre, il squattait chez quelqu’un. J’attends qu’on me prouve où était son domicile officiel jusqu’en 2015. Je ne ferai aucun effort si une demande d’inhumation nous parvenait. Aucun. Ce type n’a été que de passage à Chartres alors que, parmi les victimes du Bataclan, nous avons perdu une jeune Chartraine qui ne demandait qu’à vivre" a déclaré le maire Jean-Pierre Gorges (LR) à l'Echo républicain. 

Omar Ismaël Mostefaï est né à Courcouronnes dans l'Essonne. Il est arrivé à Chartres en 2005 alors qu'il était adolescent. Il résidait avec sa famille dans le quartier de la Madeleine. C'est là qu'il aurait commencé à se radicalier. En 2012, sa famille est partie pour Romilly-sur-Seine (Aube) mais Ismaël Mostefaï lui, serait resté à Chartres. Le 19 août 2013, quelques jours avant son premier départ en Syrie, il est allé lui-même aux services de l'état civil pour déclarer la naissance de son second enfant, né trois jours plus tôt à l'hôpital de Chartres.

Ismaël Mostefaï sera donc surement enterré ailleurs. Soit à Paris où il est décédé soit en Algérie, le pays d'origine de son père et de sa femme.

Une question délicate 

Légalement, la ville du décès, de résidence où qui abrite un caveau famillial ne peuvent refuser l'inhumation d'une personne. Cette question délicate autour de l'inhumation d'un terroriste s'était déja posée après les attentats de Janvier 2015 au cours desquels 17 personnes ont péris et 22 personnes ont été blessées. Les familles des trois terroristes (Saïd et Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly) avaient eu des difficultés à trouver un lieu pour inhumer leur défunt. Les mairies redoutent que ces lieux de sépultures ne deviennent des lieux de recuillement pour des djihadistes. 

Les autres corps toujours à l'institut médico-légal 

Parmi les autres terroristes du 13 novembre, seul Samy Amimour, 28 ans qui faisait lui aussi partie de l'assaut du Bataclan a été inhumé le 24 décembre dernier à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), ville dont dépend la ville de Drancy où il résidait. Sa tombe est également anonyme et son inhumation s'est faite secrètement. Le cimetière a été fermé au public, pour "éviter de créer un lieu de profanation ou de dévotion", selon le Préfet du département qui s'est confié au Monde

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La famille d'un autre terroriste, Bilal Hadfi, 20 ans qui s'était fait exploser au Stade de France, a également obtenu la permission d'enterrer son défunt par le parquet de Paris. Sa mère souhaite rapatrier son corps a Berkane (Maroc), le village d'origine de sa famille.

Pour le moment, tous les autres terroristes morts sont toujours l'IML de Paris. Le procureur de la République de Paris n'a pas encore délivré de permis d'inhumation.

En vidéo sur le même thème :Attentats du 13 novembre : qui sont les assaillants identifiés ? 

mots-clés : Attentats, Terroriste

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