Nathalie Barré se bat pour retrouver son fils Mathis, disparu depuis 6 ans. Le père du garçon, condamné à 20 ans de réclusion pour séquestration et menace de mort, assure que l’enfant va bien sans en dire plus. Pour qu’on n’oublie pas Mathis, sa mère a lancé une campagne d’affichage présentant notamment un portrait vieilli du garçon. 

Planet : Pourquoi avoir lancé cette campagne d’affichage ?

Nathalie Barré : Pour de nouveau lancer un appel à témoin avec, cette fois, la photo de Mathis vieilli, mais aussi pour interpeller la justice. Je n’ai jamais rencontré la procureure de Caen, en place depuis 2 ans, et je n’ai pas beaucoup vu non plus la juge d’instruction. Je ne suis pas la seule à rencontrer ce genre de problème, mais je voulais le soulever. Le dossier est toujours ouvert mais ça n’avance pas depuis deux ans.

Planet : Est-ce lié au fait que la justice a condamné le père de Mathis, Sylvain Jouanneau, à 20 ans de réclusion ?

Nathalie Barré : Je ne crois pas. S’il n’y avait pas eu la cour d’assises, le problème serait le même. Avec cette campagne, je veux aussi demander à la procureure une conférence de presse officielle du parquet pour mettre en place un numéro vert, afin de récolter de nouveaux témoignages.

Planet : Comment s’est lancée cette campagne et comment avez-vous fait pour obtenir le portrait vieilli de Mathis ?

Nathalie Barré : C’est Xavier, qui a une boutique dans le centre de Caen qui m’avait fait les affiches gratuitement, qui a eu l’idée de la bâche. La photo c’est un long chemin. En 2012, pendant l’entre deux-tours de la présidentielle, j’ai réussi à avoir un rendez-vous avez Christian Lothion, le directeur de la Police judiciaire, puis celle qui lui a succédé à ce poste, Mireille Ballestrazzi. Elle m’a proposé de faire une demande de portrait vieilli, alors que généralement cela demande 10 ou 15 ans pour obtenir ce type de document. C’est passé par une agence privée qui travaille avec le FBI aux Etats-Unis, et puis j’ai reçu la photo six mois après, fin juin 2015. J’ai reçu cela dans le bureau du commissaire, toute seule. Il n’y a rien eu de la part de la justice, pas même une conférence de presse.

Planet : Dans vos différentes déclarations, vous dénoncer le manque d’implication de la justice et un certain immobilisme, à quoi cela est-ce dû selon vous ?

Nathalie Barré : Je n’ai pas d’explications. Je vais vous donner un exemple : j’ai fait moi-même des demandes d’actes d’investigations, que j’ai dû motiver et qui nécessitent l’aval de la justice. Madame la procureure m’a dit que ce serait un dossier long, mais j’en ai marre d’entendre ça. On m’avait pourtant promis que ça serait une enquête prioritaire. Je n’ai eu des retours d’acte qu’un an plus tard et il n’y avait pas grand-chose. J’estime que ça n’a pas été fait en profondeur. La question c’est : que faut-il que je fasse pour qu’on mobilise et qu’on approfondisse les éléments de l’enquête ? La justice ne s’engage pas, c’est pour cela que j’ai aussi choisi ce slogan : "Et si c’était le vôtre". C’est une question que je pose à la juge, à la procureure.

Planet : Et aux citoyens aussi ?

Nathalie Barré : Les citoyens ont été et sont toujours là. Je sais qu’ils se mobiliseront pour les affiches et j’ai d’ailleurs des commandes.

Planet : Comment avez-vous pris la nouvelle de la vente du camping-car qui figurait parmi les pièces à conviction ? (NDLR : C’est avec ce camping-car que Sylvain Jouanneau avait emmené son fils en week-end au mois de septembre 2011, week-end dont n’est jamais revenu le petit garçon).

Nathalie Barré : C’est complètement scandaleux, ça nous a été annoncé comme ça, sans prendre de gants. On nous a dit "c’est une erreur", alors que c’est une pièce à conviction qui a disparu. Moi je voulais refaire un état des lieux du camping-car. Dans quelques années, la science nous permettra peut-être, avec des nouveaux moyens, d’identifier des traces ADN ou d’avoir des preuves de qui était dans ce camping-car le jour de la disparition de Mathis. C’est un manque de sérieux alors que mon enfant a disparu, c’est dur moralement.

Planet : On sent une grande force chez vous, de faire toutes ces démarches, qu’est-ce qui vous anime ?

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Nathalie Barré : C’est retrouver mon petit garçon avant tout. Je crois que tous les parents à qui cela arriveraient seraient prêts à faire ça. Dans une épreuve comme celle-ci, il faut bien s’entourer et j’ai des gens bien qui m’entourent. Aujourd’hui, j’aimerais peut-être obtenir un rendez-vous avec Emmanuel Macron, ou son épouse, Brigitte Macron. Elle a l’air très engagée comme femme. Je lui ai envoyé mon livre avec un petit mot. Je continue d’essayer d’ouvrir des portes.

Contactée par Planet.fr, la procureure de Caen, Carole Etienne, n’était pas disponible pour nous répondre.

Le comité de soutien de Mathis 

Vidéo : Disparition de Mathis: vingt ans de prison requis contre Sylvain Jouanneau

mots-clés : Disparition, Enfant, Mathis

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