Le gouvernement français envisage de vendre une part de la Française des Jeux. Qu’est-ce que cela change pour les français ?

Le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a confirmé ce jeudi officiellement sur Sud Radio que l’exécutif français réfléchit "à l'ouverture du capital de la Française des Jeux tout en gardant le monopole de la Française des Jeux." Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ?

Actuellement, l’Etat français n’est en fait que partiellement propriétaire de la Française des Jeux. Il en détient 72%, le reste étant aux mains de petits actionnaires, comme une association d’anciens combattants à hauteur de 9,2%, ou les salariés de l’entreprise pour 5%.

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Alors, quelle est donc cette manie de vouloir privatiser une telle source de revenu pour l’Etat ? En réalité, s'il vient à bout de cette privatisation, l'Etat ne vendrait qu'une partie seulement de ses parts, qui passeraient en dessous des 50% symboliques. BFM TV explique que la vente de la Française des Jeux pourrait être en réalité "une belle opération à court terme, tout en gardant l’essentiel de ses revenus réguliers".  Une potentielle introduction en Bourse de la Française Des Jeux serait alors envisagée : si elle était valorisée à plus de 3 milliards, l'Etat en récupèrerait entre "1 et 1,5 milliards d'euros."

De fait, l’Etat français entend bien garder son monopole de droit sur les jeux à gratter et la loterie française. Et pour cause : sur 14,3 milliards de gains en 2016, 9,5 milliards sont reversés aux gagnants, et L’Etat empoche les 3,1 milliards d’euros restants via sa taxation.

"Tout confondu, le volume d'activités de la FDJ pèse plus de 15,1 milliards d'euros en augmentation de près de 6% par rapport à l'année 2016", explique le spécialiste des finances publiques Jean-Yves Archer à France-Soir. Une affaire florissante, donc.

Une privatisation à risque

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Le spécialiste Jean-Yves Archer révèle cependant qu'une telle vente pourrait aussi s'avérer risquée pour l'Etat, car reflet d'un manque de confiance important : "Plus l'ouverture du capital sera effective et imposante, plus cela traduira l'inquiétude de l'Etat quant à sa capacité de percevoir en 2019 autant de recettes fiscales additionnelles (plus de 8 milliards) qu'en 2018 et en fin 2017 du fait de la vigueur de la croissance économique proche de 2%".

Un risque que n'était pas prêt à encourrir Nicolas Sarkozy, en 2008. Chef de l’Etat à l’époque, il s’était déjà essayé à la privatisation de la FDJ, avant de finalement y renoncer.

Des privatisations européennes pourtant prospères

Un banquier favorable à cette cessation de la Française Des Jeux avait déjà soulevé la question dans une interview de 2014 au Nouvel Obs : "Regardez l'Italie ! Depuis que l'Etat a vendu sa société de loterie, Lottomatica, le numéro un européen du secteur, elle rapporte bien plus d'argent. Elle est devenue GTech, un géant international des machines à sous, coté aux Etats-Unis et basé à Londres". Preuve que certaines privatisations sont une combinaison gagnante. 

 A ce jour, la conséquence d'une telle privatisation pour les joueurs, principaux concernés, n'est pas connue. Cependant, le fait de garder le contrôle de la Française des Jeux permettrait à l'Etat d'assurer une mission bien essentielle, celle de prévenir les risques d'addiction au jeu, de fraude, ou encore de blanchiment d'argent. 

La privatisation de la Française de Jeux reste à ce stade encore une hypothèse puisqu'il ne s'agit que d'une ouverture au capital.

En vidéo - Loire-Atlantique : Ils braquent la Française des Jeux, font une razzia dans les tickets à gratter et ne gagnent rien


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