Des centaines de bêtes sont mortes dans des conditions étranges à Pageat (Haute-Vienne). Une enquête a mis au jour un empoisonnement des animaux.
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La ferme de l'horreur : un père tue-t-il les bêtes de son fils ?

Dans cette ferme, que la presse régionale dit "hantée", 140 vaches sont mortes en 8 ans. La raison ? Un conflit familial entre un père et son fils.

Depuis 2011, la ferme de Pascal et Marie-Anaïs Chazelas, 37 et 29 ans, est touchée par de mystérieux décès de bovins. Après deux plaintes classées sans suite en 2013 et 2014, une information judiciaire a été ouverte en septembre 2017 pour "actes de sévices graves et actes de cruauté sur animaux". En 2018, de nouveaux éléments se sont ajoutés au dossier pour "administration de substances nuisibles avec préméditation".

En 2009, Pascal Chazelas reprend la ferme familiale dirigée par son père Jean-Louis. Cependant, leurs avis divergent quant à la façon de travailler. Leurs relations deviennent compliquées au point où le fils décide de couper les ponts. Il explique au Parisien, "mon père continuait à nous donner des ordres, rien n'allait jamais. Il n'a pas accepté les changements."

"Les problèmes ont commencé à la même époque, en 2011", rapporte le couple. Un matin, les pneus du tracteur étaient crevés ainsi que la conduite d'eau d'un bâtiment. Dans la nuit, le couple va devoir rattraper le bétail car le box a été ouvert à 3 heures du matin. Un jour, le problème est devenu plus grave. Les bêtes ont été prises de diarrhées aiguës et certaines, ont commencé à mourir.

Entre 2011 et 2017, 29 animaux adultes et 99 veaux trouvent la mort. Le déficit financier est de 187 000 euros. "Aujourd'hui, nous en sommes à 140 morts", précise Pascal. Jean-Louis Chazelas, lui, dénonce leur incompétence : "ce n'est pas en travaillant 2 à 3 jours que l'on peut réussir quelque chose en agriculture." Pourtant, vétérinaires et professionnels de l'agriculture affirment que les époux travaillent d'arrache-pied. La chambre d'agriculture évoque même une gestion "rigoureuse", indique le quotidien.

Une médiation familiale est alors engagée, via une association d'aide aux victimes. Le père promet de ne plus surveiller la ferme. Le fils et sa femme seront moins rigides avec lui. Cela étant dit, les décès de leurs bêtes ne s'arrêtent toujours pas.

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