Jean-Marie Le Pen vient d'être condamné définitivement pour ses déclarations sur l'Occupation. La Cour de cassation a en effet rejeté ce mercredi son pourvoi. Habitué des propos polémiques, l'ancien président du FN a souvent eu maille à partir avec la justice. Retour sur certaines de ses condamnations.
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Jean-Marie Le Pen condamné pour ses déclarations sur l’Occupation

Jean-Marie Le Pen a été définitivement condamné pour ses propos sur l‘Occupation. La Cour de cassation a rejeté ce mercredi son pourvoi, par lequel il contestait le jugement rendu par la Cour d’appel de Paris le 16 février 2012, qui le condamnait à trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour « contestation de crime contre l’humanité ».

En janvier 2005, l’ancien président du Front national avait déclaré dans Rivarol, un hebdomadaire d’extrême-droite : «  en France du moins, l'Occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés ». « Si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins, comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques » avait-il aussi déclaré. Jean-Marie Le Pen avait alors été poursuivi pour « contestation de crime contre l’humanité » et «  apologie de crime de guerre ». Relaxé du second chef d’accusation, il avait néanmoins été condamné pour le premier.

Les chambres à gaz, un « détail de l’histoire »

En 1987, Jean-Marie Le Pen avait déclaré sur RTL que les chambres à gaz des nazis étaient « un détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ». Des propos qui lui avaient alors valu d’être condamné à une amende de 1,2 millions de francs, mais des propos qu’il avait réaffirmés lors d’une interview pour la BBC en 2005. Ce qui a valu à l’ancien chef de file du Front national une nouvelle plainte de la part de SOS Racisme et du MRAP, estimant que Jean-Marie Le Pen « récidive dans ses propos négationnistes ». En 2008, il persiste et signe dans les pages du magazine Bretons.

 

Quand Jean-Marie Le Pen rebaptise un ministre

En 1993, Jean-Marie Le Pen a été condamné à 10 000 francs d’amende pour injure publique à l’encontre d’un ministre. Il avait rebaptisé Michel Durafour, ancien ministre de la Fonction publique, et l’avait appelé « Michel Durafour-crématoire ».

 

Provocation à la haine raciale

En avril 2004, Jean-Marie Le Pen a été condamné à 10 000 euros d’amende pour « provocation à la haine raciale ». En cause, les propos tenus à l’occasion d’une interview accordée au journal Le Monde en avril 2003. Il avait entre autres déclaré : « Le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont. Et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux. Quand ils ne le font pas, on leur dit « Qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça, tu cherches la bagarre ? ». Et vous n'avez plus qu'à filer, sinon vous prenez une trempe ». Jean-Marie Le Pen avait également été condamné à verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la Licra et la Ligue des Droits de l’homme.

 

Condamné pour un disque à la gloire d’Hitler

En mars 1963, Jean-Marie Le Pen avait crée la Serp, une maison de disques dont l’objectif était de faire la promotion de d’enregistrements en relation avec l’Histoire. En 1968, il est condamné à deux mois de prison avec sursis et 10 000 francs d’amende pour « apologie de crimes de guerre » pour avoir publié Le IIIe Reich – Voix et chants de la révolution allemande. La pochette du disque mentionnait alors : « La montée vers le pouvoir d'Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu'il triomphera à la suite de consultations électorales régulières, circonstances généralement oubliées... ».

 

De la prison avec sursis requise pour des affiches de campagne

Jean-Marie Le Pen avait finalement été relaxé, mais s’était une nouvelle fois retrouvé devant la justice en raison des affiches diffusées lors de la campagne législative de février 2010. Avaient alors été diffusées des affiches représentant une femme intégralement voilée à côté d’une carte de France recouverte d’un drapeau  algérien et sur laquelle se dressaient des minarets en forme de missiles. Le titre : « Non à l’islamisme ». Accusé d’incitation à la haine raciale, l’ancien président du FN avait l’objet de poursuites judiciaires. Une peine de deux mois de prison avec sursis avait été requise contre lui, mais Jean-Marie Le Pen avait été relaxé par le tribunal correctionnel de Nanterre.