L'homme en première ligne de l'équipe d'intervention qui a neutralisé Amedy Coulibaly porte de Vincennes (Paris) dévoile comment s'est déroulé l'assaut du 9 janvier.

"L'homme au bouclier", comme l'appelle Le Parisien. Antoine (un pseudonyme) raconte dans une interview publiée ce jeudi par le quotidien le déroulement de l'assaut qui a permis la neutralisation d'Amedy Coulibaly, le 9 janvier dernier. Chargé de protéger ses collègues à l'aide de son bouclier, il est le premier à avoir fait face au terroriste. Bien qu'habitué à ce type d'exercice, le policier du Raid décrit un assaut marquant, où tout s'est joué en une poignée de secondes.

Tenir le bouclier et analyser la situation

Le vendredi 9 janvier, à 17 heures, Antoine et ses quelque 70 collègues du Raid, l'unité d'élite de la police, de la BRI et de la BI, ont reçu l'ordre d'intervenir. Rapidement briefé sur l'état des lieux, les victimes et le lourd armement de Coulibaly, chacun s'est vu confier une mission précise. Celle d'Antoine ? Prendre la tête de la première colonne d'assaut à l'entrée principale du magasin. En d'autres termes : tomber nez à nez avec le terroriste. Un rôle qu'avait déjà tenu "cet homme discret d'une trentaine d'années, sportif de haut niveau", écrit Le Parisien.

Les instructions sont à la fois rudimentaires et délicates. L'homme du Raid devait protéger ses collègues à l'ouverture du rideau métallique. Aussi, il fallait avec les autres membres de l'équipe, protéger les otages, sans savoir exactement ni leur nombre, ni leur position. "Le temps de réaction peut alors être fatal. En fait, l'idée est simple : une fois le rideau levé, il faut analyser le maximum d'éléments en un minimum de temps, puis s'adapter", explique l'interviewé.

"Serein" quand le rideau se lève

"Non", il n'a pas eu peur à l'arrivée de l'échéance. "Je suis plutôt serein (…), dans ma bulle", explique Antoine, malgré tout conscient de l'enjeu : "A mesure qu'il (le rideau métallique) se lève, je sais que le risque grandit".

"Tout de suite, j'aperçois le corps d'un otage au sol. Puis, à une dizaine de mètres de moi (…) le forcené surgit les armes à la main. Tout va très vite", décrit l'homme. Sous les balles d'Amedy Coulibaly, le policier avance en ripostant. Il se décale alors vers la droite, à l'opposé des otages pour qu'ils ne soient pas pris pour cible. "Je reçois une balle", admet Antoine, freinée par le gilet pare-balles. De plus en plus assourdissante, la fusillade a continué quelques secondes jusqu'à ce que ses collègues, en retrait, neutralisent le terroriste.

Arrive le "moment de décompression"

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S'il explique que la pression n'est pas immédiatement retombée puisque le magasin devait encore être exploré, Antoine précise que l'équipe est ensuite rentrée au Raid. Sur place, "on échange nos impressions, nos émotions", "c'est surtout un moment de décompression". Vient ensuite le "bon dîner avec des collègues". En fin d'interview, le policier rappelle qu'il n'est pas un héros. "C'est le travail de tout un groupe, pas d'un seul policer avec son bouclier".

Vidéo sur le même thème - Les images de l'assaut de la Porte de Vincennes 

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