A l’aide d’un intermédiaire, un ancien otage de l’hypermarché visé par Amedy Coulibaly a monnayé son témoignage à plusieurs maisons d’éditions dans le but de fuir avec l’argent en Israël.

C’est l’histoire à peine croyable et pour le moins rocambolesque d’un ancien otage de l’Hyper Cacher, où quatre personnes avaient été abattues par le terroriste Amedy Coulibaly en janvier 2015, devenu escroc.

Tout a commencé quelques semaines après les attentats de janvier, indique Le Point qui révèle cette information. Un certain Patrick T. se fait passer pour un communicant et entreprend – avec "Jo" (le nom a été modifié), survivant de la prise d’otage – auprès de plusieurs maisons d’édition de faire publier le témoignage de ce dernier. Les retours auraient été positifs de la part des éditeurs, visiblement intéressés par ce témoignage, qui auraient proposés "20 00 euros ici, 30 000 là, 15 000 encore, mais avec un pourcentage plus importants sur les ventes", indique le magazine. L’intermédiaire, "qui pose en lunettes de soleil sur son CV en ligne", insiste même pour faire monter les enchères.

Il falsifie la proposition financière d’une des maisons d’édition

La suite de l’escroquerie a été racontée par Patrick T., lui-même, dans un courriel adressé à l’ancien otage et complice "Jo", et que Le Point a pu lire : "Untel garde une petite réserve financière de négoce sur l'à-valoir et les commissions bouquins pour quand les autres éditeurs vont vouloir rentrer dans la danse..." En parallèle, l’intermédiaire participe aux négociations qui s’ouvrent entre les anciens otages de l’Hyper Cacher et BFMtv qui avait révélé à l’antenne que des otages s’étaient cachés au sous-sol dans la chambre froide.

Auprès des éditeurs, Patrick T. accélère ses démarches et fait écrire ceci à son complice : "Je n'en fais pas une question d'argent. J'ai l'intention de redistribuer tous mes droits d'auteur financiers à l'association des victimes de l'Hyper Cacher et à ma synagogue... Pour lui, la meilleure offre financière sera celle qui fera le plus pour la synagogue et l'association des victimes." De plus, pour faire monter les enchères, Patrick T. va même jusqu’à falsifier la proposition financière d’une des maisons d’édition avant de la présenter à une autre maison d’édition afin de faire jouer la concurrence.

Signer un maximum de contrats et fuir en Israël pour ne pas être extradés

Mais l’appât du gain perdra les deux escrocs : deux éditeurs qui ont signé chacun un contrat avec les deux hommes appartiennent en fait au même groupe et se rendent compte assez vite de la supercherie. "Quand on a découvert le pot aux roses, explique au Point un directeur de collection, Patrick T. nous a confié qu'il voulait faire signer un maximum de contrats à son auteur, il voulait d'ailleurs qu'on paie les deux tiers à la signature. Leur plan était d'empocher les virements et de fuir en Israël parce que, disait-il, il n'y a pas d'accord d'extradition."

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L’homme intermédiaire a fini par reconnaître son escroquerie tout en dédouanant l’ancien otage, qui a fini par publier son témoignage dans une petite maison d’édition. Et, culotté, pendant la promotion de son livre, "Jo" n’a pas hésité à fustiger les gens malhonnêtes qui essaient de profiter de la prise d’otage de l’Hyper Cacher…

Vidéo sur le même thème : Hyper Cacher: un an après l’attaque, les clients restent solidaires 

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