Le conflit russo-ukrainien entraîne d'importantes conséquences sur le niveau du prix des carburants. Pour lutter contre une possible pénurie, le gouvernement pourrait être amené à prendre des décisions drastiques sur nos routes françaises. Pas de voiture le dimanche, vitesse sur l'autoroute... On fait le point.

La Russie est le plus gros exportateur de pétrole au monde. Avec le conflit actuel en Ukraine, de nombreuses sanctions économiques ont été adoptées contre Moscou par la France ainsi qu’une multitude de pays à travers le globe.

En conséquence, les pays initiateurs de ces sanctions pourraient eux aussi connaître différentes crises, notamment au niveau du pétrole et des carburants. En effet, le prix des énergies ne cessent d’augmenter depuis quelques temps et nous pourrions nous diriger tout droit vers une pénurie.

Prix des carburants : la mesure phare du gouvernement 

Pour lutter contre une augmentation trop importante du prix du carburant en France, le Premier ministre Jean Castex a annoncé le samedi 12 mars une "remise carburant" comme il l’avait expliqué lors d’une interview dans Le Parisien.

Cette nouvelle mesure sera appliquée dès le 1er avril et consiste en une remise carburant de 15 centimes par litre à la pompe. Concrètement, pour chaque plein de 60 litres, une économie de 9 euros sera constatée par les Français. Cette remise sera effective dans l’ensemble des distributeurs du territoire.

Pénurie de pétrole : le rapport de l'Agence internationale de l'énergie

Au-delà de cette mesure, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) préconise une baisse drastique de la consommation de carburant au niveau international pour éviter de faire face a une pénurie. Pour éviter de faire face à une telle crise, l’AIE a dévoilé un certain nombre de recommandations destinées aux gouvernements dans le but de diminuer la consommation de pétrole.

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a d’ailleurs salué la publication du rapport de l’agence. Ce qui peut signifier que certaines de ces recommandations pourraient être adoptées dans les prochaines semaines voire dans les prochains jours.

Parmi les recommandations de l’AIE, un certain nombre pourraient affecter directement le quotidien de millions d’automobilistes français. Voici ce qui pourrait bientôt changer sur nos routes.

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Augmentation du covoiturage

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Augmentation du covoiturage

L'Agence internationale de l'énergie conseille d'inciter les usagers de la route à utiliser beaucoup plus le covoiturage. Cette pratique de plus en plus répandue est aujourd'hui facilitée par les nombreux sites internet et applications qu s'y dédient. Selon l'agence cette mesure pourrait permettre une économie d'environ 470 000 barils de pétrole à court terme. 

Augmentation du nombre de voitures électriques

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Augmentation du nombre de voitures électriques

L'augmentation du nombre de voitures électriques en circulation serait une bonne méthode pour diminuer notre dépendance au pétrole à long terme. Cependant, l'augmentation subite du prix des carburants est un problème majeur qui doit être traité également à court terme. C'est pourquoi l'AIE préconise avant tout de se concentrer sur les livraisons de véhicules électriques déjà achetés. Selon les prévisions de ventes de véhicules électriques des quatre prochains mois, cette mesure pourrait permettre une économie d'environ 100 000 barils de pétroles par jour. 

Circulation alternée dans les grandes villes

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Circulation alternée dans les grandes villes

Cette méthode consiste à alterner la circulation des voitures dans les grandes villes en fonction de leur plaque d'immatriculation, si elles sont paires ou impaires. C'est une mesure qui a déjà fait ses preuves en France. Elle permet de diminuer drastiquement le nombre de voitures en circulation. Selon l'Agence internationale de l'énergie, en appliquant la circulation alternée deux jours par semaines, 210 000 barils de pétroles pourraient être économisés par jour à court terme. 

Réduire le tarif des transports en commun

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Réduire le tarif des transports en commun

Selon l'AIE, la réduction du prix des transports en commun voire même sa gratuité à court terme pourrait permettre une baisse des voitures en circulation et donc de la consommation de carburant. La Nouvelle-Zélande a d'ailleurs d'ores et déjà diminué de moitié les tarifs de ses transports en commun pour les trois prochains mois. 

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Plus de voiture le dimanche dans les grandes villes

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Plus de voiture le dimanche dans les grandes villes

Cette mesure a déjà fait ses preuves dans de nombreux pays et notamment en France. Selon l'Agence internationale de l'énergie, cette mesure pourrait permettre d'économiser 380 000 barils de pétrole si elle est généralisée à tous les dimanches. Si elle est adoptée pour un dimanche par mois, elle permettrait d'économiser 95 000 barils. Mais outre ces économies, cette méthode a également de nombreux atouts. Elle permet en effet d'améliorer la qualité de l'air, de réduire les îlots de chaleur ou de faire baisser le niveau de pollution sonore.

Réduction de la vitesse sur l'autoroute

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Réduction de la vitesse sur l'autoroute

Selon l'AIE, réduire la vitesse d'au moins 10 km/h sur les autoroutes pourrait permettre des économies importantes de carburant. En effet, l'agence annonce qu'elles pourraient s'élever à 290 000 barils par jour si les voitures sont les seules concernées. Dans le cas où les poids lourds devraient également réduire leur vitesse, jusqu'à 490 000 barils pourraient être économisés.