Deux Françaises ont été condamnées, en Syrie, pour des faits de "terrorisme" : l’opinion française doit-elle s’inquiéter pour leur sort ? En d’autres termes, le fait d’être française doit-il être considéré comme une circonstance atténuant la responsabilité ? Je pense que non, au contraire.

Disons d’abord que prétendre avoir été "dupée" par son mari est indéfendable ; on savait très bien qu’un homme qui allait en Syrie n’y allait pas pour "enfiler des perles" ; le suivre constituait donc une complicité active, même s’il n’y a pas eu d’engagement militaire direct.

Mais revenons à l’essentiel qui, selon moi, n’est pas suffisamment révélé par les médias. En France, et depuis longtemps, personne ne peut ignorer quelles sont les actions de Daech : viols, pillages, destructions de mausolées anciens, rapts d’adolescentes, tortures, exigences absurdes. Il y a plus grave : ces exactions sont perpétrées au prétexte d’un retour à un Islam purifié ; or, le cœur de l’Islam véritable est affirmé au début de presque toutes les sourates : "Au nom du très Clément et très Miséricordieux" ; la clémence, la miséricorde, la compassion, l’altruisme, l’amour de l’Homme sont des caractéristiques intrinsèques d’Allah ; le crime le plus grave de Daech est donc un blasphème ; c’est instrumentaliser la toute puissance divine au profit d’instincts pervers ; orgueil, égoïsme, avarice, sensualité, sadisme, cynisme et, par-dessus tout, paresse intellectuelle.

Ce refus de s’informer sérieusement est particulièrement inexcusable dans un pays comme la France ; selon moi, les djihadistes françaises sont encore plus responsables de leurs actes que d’autres élevées dans des terreaux incultes. Certes, on peut espérer que ces criminelles ne soient pas condamnées à mort, ce qui, sur le fond, serait plutôt une faveur ; il est bon que leurs peines soient exécutées en Syrie, dans des conditions matérielles et psychologiques difficiles pour les aider à prendre conscience de la chance qu’elles avaient de vivre dans un pays "démocratique" comme la France, démocratie qu’elles veulent détruire, en espérant que, un jour, l’une d’entre elles reconnaîtra lucidement son erreur et le dira à ses sœurs.

Dans un tel contexte, toute "compassion" à leur égard me semble de la tartufferie pour bobos privilégiés et inconscients ; à propos, qui paie les avocats français qui vont les "défendre" en Syrie ?  

Une dernière remarque "indépendante" de ce qui précède : je me réjouis de voir que le pape lui-même officialise le cléricalisme comme l’une des causes des dérapages de la sainte église catholique romaine, notamment en matière de pédophilie (voir le journal La Croix du 4 juin et mon billet "l’église catholique et la pédophilie" publié le 22 mai).