Ils appartenaient à la force Barkhane et sont morts au Mali. Certains venaient de Pau, d'autres de Saint-Christol d'Albion. Plusieurs de ces 13 soldats laissent derrière eux des enfants, un conjoint. Le plus jeune d'entre eux n'avait pas 25 ans.
Fils de politique, futur papa... Qui sont les militaires tués au Mali ?Le colonel Nicolas de Chilly rend hommage aux morts du 4ème régiment de chasseurs de Gap, tués lors d'un accident d'hélicoptère au Mali, le 25/11/2019AFP

"Treize de nos militaires sont morts hier au Mali. Ils étaient engagés dans une opération de combat contre des terroristes. Ces treize héros n'avaient qu'un seul but : nous protéger. Je m'incline devant la douleur de leurs proches et de leurs camarades", écrivait sur Twitter le président de la République. Comme de nombreuses autres personnalités publiques, il a rendu hommage aux soldats qui ont été tués lors d'un accident d'hélicoptère. Les boîtes noires, indique d'ailleurs Le Monde, ont été retrouvées.

Parmi les hommages politique, celui du sénateur Jean-Marie Bockel est sans doute le plus touchant. Et pour cause ! Il est le père de l'un des hommes décédés pendant l'opération. Son enfant s'appelait Pierre. Il avait 28 ans.

"C'est le meilleur des fils, le plus merveilleux des garçons. Un fils adorable, un frère adoré, un fiancé amoureux, un futur papa. Il était très fier de ce qu'il faisait, très fier d'être au service de son pays, passionné par son métier de pilote d'hélicoptère", a raconté le sénateur UDI sur le plateau de France Info, bouleversé par l'émotion. "C'était ses choix, c'était sa vie et nous étions très fiers de lui avant ce drame, et très tristes, dévastés et très fiers de lui aujourd'hui", a-t-il poursuivi. Pierre Bockel était lieutenant.

Avec est parti le brigadier-chef Romain Salles de Saint-Paul, engagé depuis 2009 et âgé de 35 ans. Il laisse derrière lui deux enfants et une compagne. "Il risquait sa vie. C'était son métier. Il aimait ça", a confié son père, devant les caméras de France 3, indique France Inter.

Au total quatre capitaines ont été tués dans l'accident d'hélicoptères. Romain Chomel de Jarnieu, 34 ans, célibataire et sans enfants, fils d'un amiral connu, mais aussi Nicolas Mégard, marié et père de trois enfants. Ses proches parlent d'un "homme tellement sympathique et agréable". Benjamin Gireud, lui, avait 32 ans. Originaire de Digne-les-Bains, il s'était engagé en tant qu'officier en février 2009. Il était décrit comme "un chef exemplaire, apprécié de ses subordonnés". Clément Frisonroche, ancien élève de Saint-Cyr, était marié et père d'une jeune enfant de sept mois, qu'il avait appelé Victoire. Il allait avoir 28 ans. "Je suis brisée, mais je savais que ça pourrait arriver. J'y ai pensé en lui disant au revoir il y a deux mois", a déclaré sa mère. 

Militaires Français morts au Mali : qui laissent-ils derrière eux ?

Le lieutenant Alex Morisse avait 31 ans. Il était engagé dans l'Armée depuis 10 ans, mais sa première mission remontait à 2017. Il était pacsé et décrit comme un homme "charmant et souriant" par ses amis.

Alexandre Protin, maréchal des logis-chef, laisse derrière lui sa compagne. A 33 ans, c'est la troisième fois qu'il retournait au Mali. "C'était un jeune qui était toujours souriant et qui ne se faisait pas plus remarquer que ça. C'était un bon gamin", a déclaré le maire de son village, Moulins-Saint-Hubert.

Jérémy Leussie était aussi maréchal des logis-chef. Il s'était engagé en 2007 et était décrit comme un "soldat de grande valeur, motivé et volontaire". Passionné d'alpinisme, il était membre du 93è régiment d'artillerie de montagne de Varces en Isère. Il était pacsé et avait 33 ans. Le colonel Guiguet, qui le connaissait personnellement, lui a rendu hommage dans la presse locale.

Antoine Serre, 22 ans, est né à Riom. Il a passé quatre ans à l'école militaire de haute montagne de Chamonix avant de rejoindre le 4ème régiment de chasseur de Gap. "C'était un amoureux de la nature, il adorait le trail. C'était un mec bien, toujours souriant, toujours gentil", témoignait un couple d'habitant dans la presse. Il était maréchal des logis.

Valentin Duval, lui aussi, était maréchal des logis. "Grand professionnel", connu pour "sa motivation pour le métier des armes et son amour pour les montagnes", il est l'un des plus jeunes soldats décédés lundi 25 novembre 2019. Il était originaire de Rouen, célibataire et sans enfant.

Julien Carette, adjudant-chef, servait la France depuis plus de 17 ans. A 35 ans, il était déjà parti en Côte d'Ivoire, au Tchad, au Mali, puis au Burkina Faso ainsi qu'en Afghanistan. Il fait partie d'une famille bien connue à Layrac, un petit village près d'Agen. Le maire a d'ailleurs sa mère, "en pleurs", au téléphone. Il avait deux enfants.

Membre du 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol-d'Albion, le sergent-chef Andreï Jouk avait 43 ans. Engagé depuis 2008 dans les rangs de la légion étrangère, il était marié et père de quatre enfants. Son état-major rend hommage à "un chef d'équipe et un légionnaire de montagne discipliné, dévoué à ses chefs et investi".

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