Femme enceinte dévorée : mis en cause, le patron de la gendarmerie s'expliqueIllustrationIstock
Le compagnon d'Elisa Pilarski affirme avoir croisé le lieutenant-colonel Jean-Charles Metras lors de la chasse à courre. Ce dernier explique pourquoi il était auprès des chasseurs.
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L’enquête se poursuit autour de la mort d’Elisa Pilarski. Le corps de la jeune femme de 29 ans, enceinte de six mois, a été retrouvé dans une forêt de l’Aisne le samedi 16 novembre, présentant de nombreuses morsures de chiens. Selon le procureur de la République de Soissons, l’hémorragie qui a coûté la vie à la victime est consécutive de ces attaques aux jambes, aux bras et la tête. Le mystère demeure autour des circonstances de son décès, alors qu’une chasse à courre avait lieu à ce moment-là. Rapidement interrogé après le drame, Christophe Ellul, le compagnon de la victime, a affirmé au Parisien avoir croisé un cavalier alors qu’il cherchait la jeune femme et son chien. Selon lui, il s’agirait du lieutenant-colonel Jean-Charles Metras, commandant du groupement de gendarmerie de l’Aisne.

Femme enceinte dévorée : son compagnon "fait erreur"

S’il avait jusqu’à présent gardé le silence sur sa présence auprès des chasseurs, Jean-Charles Metras a décidé de s’expliquer auprès du Courrier Picard. "On était dans la forêt à ce moment-là, mais on ne l’a pas croisé. On a quitté les lieux sans l’avoir vu. Il fait erreur", explique-t-il, précisant qu’il ne "fai[t] pas partie de l’équipage du Rallye de la Passion". "J’étais invité à la Saint-Hubert, à titre personnel", ajoute Jean-Charles Metras, donnant comme raison le fait d'avoir mis en place un dispositif "avec les chasseurs du département". Il poursuit : "J’étais en famille, avec ma femme et mes quatre enfants. Nous suivions la chasse à pied et en voiture, dans les allées de la forêt. Je n’ai pas de parti pris sur la chasse, je ne suis pas passionné de chasse à courre".

Le lieutenant-colonel affirme auprès du Courrier Picard avoir eu connaissance de la mort d’Elisa Pilarski "à la fin de la chasse, au cours de laquelle nous n’avions vu aucun gibier, quand nous quittions les lieux". Il ajoute s’être "déclaré spontanément au procureur", disant qu’il "n’étai[t] pas loin avec les suiveurs". La gendarmerie de Creil a rapidement été dessaisie de l’enquête, une décision que "comprend un petit peu" Jean-Charles Metras, précisant qu’"il n’y avait aucune justification juridique" et que "c’était par rapport à l’aspect médiatique de l’affaire".

Femme enceinte dévorée : le patron de la gendarmerie a été auditionné

Jean-Charles Metras explique au Courrier Picard avoir été auditionné dans cette affaire "au même titre que les gens présents" : "J’ai été auditionné comme témoin dans la foulée, dès samedi soir, quand je suis revenu, je suis passé par Soissons". S’il était bien présent sur les lieux du drame, il n’a pas pour autant "piloté le dispositif" d’enquête, comme il le précise au quotidien régional. "C’était mon adjoint qui était de permanence. Je suis allé à proximité, je me suis quand même approché mais j’ai pris mes distances dès que j’ai senti qu’il y avait une sensibilité", ajoute-t-il. Le lieutenant-colonel ne souhaite pas évoquer l’affaire alors que les chasseurs déclinent toute responsabilité dans le décès d’Elisa Pilarski : "Moi, je suis en attente des communications officielles", affirme-t-il, rappelant que "la gendarmerie a été écartée des investigations".

Selon les résultats de l’autopsie, Elisa Pilarski est décédée entre 13 heures et 13h30 le 16 novembre. Les chasseurs affirment que la chasse à courre a débuté à 13h30, soit après l’heure supposée de sa mort. Pourtant, selon BFMTV, des témoins ont affirmé aux enquêteurs avoir assisté à un premier lâcher de chiens à 13 heures, soit bien avant l’heure donnée par les chasseurs. Un détail qui est au cœur de l’enquête, mais Jean-Charles Metras affirme qu’il ne peut pas répondre à cette question car il "ne veu[t] pas court-circuiter la communication du procureur".

Femme enceinte dévorée : la version de son compagnon

Interrogé par L'Union peu de temps après la découverte du corps de sa compagne, Christophe Ellul a affirmé avoir croisé un cavalier alors qu’il cherchait son chien. Il aurait échangé quelques mots avec ce dernier. Il l’aurait alors averti de la présence de son chien et le cavalier lui aurait répondu, avec un "sourire narquois" : "A votre place, je m’inquièterais plus pour votre chien que pour les miens".

Un chasseur qui a croisé Christophe Ellul s’est confié à BFMTV, expliquant que "ce monsieur était sur un chemin et criait, ce qui est surprenant pour un randonneur, donc je suis allé vers lui pensant qu’il avait un problème. Il m’a dit : ‘je cherche mon chien, faites attention à vos chiens, car le mien est très dangereux". "Un peu sceptique", le chasseur aurait alors répondu à Christophe Ellul que les chiens de la chasse à courre "n’étaient pas méchants", mais son interlocuteur lui aurait dit "que ses chiens étaient ‘très méchants et qu’il fallait faire attention’". Curtis, l'animal qui accompagnait Elisa Pilarski ce jour-là, a été confié à une fourrière et doit faire l'objet d'un examen comportemental.