Un homme aurait été réduit en esclavage pendant 10 ans par un ex-ministre et sa femme en région parisienne. Le couple a comparu au tribunal de Nanterre ce lundi 9 septembre 2019. La décision de justice n'a pas encore été rendue.

"Je suis devant la justice parce que pendant 10 ans, j'ai été réduit en esclavage." C'est ce qu'a déclaré à la Cour de Nanterre Methode Sindayigaya, employé illégalement par l'ancien ministre de L'Économie et de la Justice burundais, Gabriel Mpozagara et sa femme. Le diplomate avait rejoint la France en 1979 avant de travailler à l’Unesco. Âgé de 77 ans, il a comparu ce lundi 9 septembre 2019 pour "soumission à un travail forcé" et à des "conditions de travail et d’hébergement contraires à la dignité", indique 20 minutes.

Le plaignant, agriculteur originaire du même pays que le diplomate commence à travailler pour le couple en 2008 à Bujumbura (la capitale du Burundi). L'ancien procureur et sa femme lui proposent ensuite de venir en France pour trois mois, ce qu'il accepte. Il y restera finalement plus d'une dizaine d'années, avec à sa charge, toutes les tâches ménagères telles que la lessive, la cuisine, le ménage, le jardinage, les gardes d'enfants... Il ne bénéficie par ailleurs d'aucun jour de repos. Pendant toutes ces années, il travaille en effet 7 jours sur 7, de 6 heures à 1 heure du matin. 

Esclavage moderne : sauver par un ouvrier venu réparer des fenêtres 

En juillet 2018, un ouvrier qui venait réparer des fenêtres dans une propriété de Ville-d'Avray en Hauts-de-Seine a remarqué une personne "amaigri" et "sale" en train de laver le pare-terre, rapporte le quotidien. La scène qui l'a choqué le pousse à prévenir sa chef. Peu de temps après, l'homme est "libéré".

L'homme, âgé de 39 ans, décrit à la barre ses humiliations quotidiennes. Il explique qu'il dormait dans la buanderie située au sous-sol de la villa, se lavait "au robinet, avec un seau" et mangeait les restes de nourriture de la famille. 

"Pourquoi n’avez-vous pas quitté la maison ?", demande la présidente. Methode Sindayigaya lui répond : "Où est-ce que j’allais aller ? Je n’avais pas de passeport, et j’avais toujours peur de la police".

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