La situation catastrophique des EHPAD n’est pas nouvelle ; il serait injuste d’attribuer ce scandale à notre actuel président. Par contre, il faudra bien que, un jour, le pouvoir politique ait le courage de se saisir de ce dossier.

Il faut d’abord bien préciser où est exactement le problème ; les résidents autonomes ou presque autonomes (GIR 5 ou 6 dans le jargon homologué) sont assujettis à un tarif hébergement forfaitaire comme pour tous les résidents d’un établissement pour personne âgée. S’il n’y avait que de tels résidents, le responsable de l’EHPAD devrait assurer un fonctionnement de son établissement en équilibre financier à partir des tarifs précités, éventuellement avec quelques aides ponctuelles.

Le problème posé aujourd’hui avec acuité concerne les résidents qui n’ont plus de réelle autonomie (GIR 1 à 4). Les frais occasionnés par cette incapacité physique ou psychologique sont évidemment considérables ; ils sont actuellement couverts par l’assurance maladie ; le budget de celle-ci est, de ce fait, déficitaire, même si les soins prodigués sont nettement insuffisants.

Le problème de fond est clair : est-ce que la vieillesse doit être considérée comme une maladie ? Y compris lorsque ladite vieillesse est effectivement accompagnée d’une maladie reconnue comme telle : Alzheimer, Parkinson, cancer, etc. Selon moi, cette assimilation de la vieillesse à une maladie classique est une erreur de fond. Il faudrait donc distinguer l’assurance maladie de l’assurance "vieillesse dépendante" : c’est la première étape "administrative" impérative. Comment distinguer un malade "ordinaire" de celui qui l’est "par vieillesse" ? Il n’y a qu’une seule réponse raisonnable : l’âge. Quatre-vingt-cinq ans peut sembler, aujourd’hui, une charnière acceptable ; au-delà de cet âge, les "dépenses de santé" ne sont plus couvertes par l’assurance maladie générale mais par une assurance "vieillesse-maladie" spécifique. Tout cela est technique et assez facile à mettre en œuvre.

Reste la question délicate : comment financer cette assurance "vieillesse-maladie" ? De plusieurs façons ; en partie par l’état ; en partie par une cotisation spécifique qui viendrait en plus des autres cotisations et qui pourrait croître avec l’âge ; en partie par un prélèvement sur la succession de l’intéressé quand il utilise la susdite assurance : cette dernière mesure aurait l’avantage de motiver les ayants droit pour retarder, au maximum, le recours à cette assurance.

Notre président aura-t-il le courage de s’engager dans cette voie ?