Emmanuel Macron, comme de nombreux autres chef d'Etats, fait souvent l'objet de critique et alimente plusieurs des griefs des citoyens. Attention, toutefois s'attaquer à son image est potentiellement passible d'une peine conséquente...
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"Décrochons Macron", voici la campagne qu’a décidé de mener l’association écologique Action non-violente COP21 depuis le 21 février. En colère face à la non considération de la question environnementale par le président de la République, des militants se sont lancés dans des actions fortes.

Décrochage du portrait du président : La France a déjà dépassé son empreinte carbone

Pour représenter le "vide de la politique climatique de l’exécutif actuel", ces activistes ont choisi de décrocher les portraits de Macron dans les mairies. Le nombre lui est symbolique : 125.

Il correspond aux nombres de jours que la France a mis pour dépasser son empreinte carbone en 2019. Un objectif que les activistes souhaitent atteindre avant le début du G7 à Biarritz, fin août.

"En quatre mois, plus de 700 citoyens ont participé à la réquisition de 69 portraits", déclare Marion Esnault, la porte-parole du mouvement ANV COP21 au Figaro.

"Nous décrochons Macron parce que nous décrochons des accords de Paris", clame-t-elle.

Décrochage du portrait du président : les militants accusés de "vol en réunion"

"Il ne s’agit pas que de vols mais aussi d’atteintes répétées à l’autorité de l’État", affirme le Bureau de la lutte antiterroriste de la gendarmerie (BLAT).

Si des "moyens exceptionnels" n’ont pas été déployés, comme le précise la BLAT, 99 auditions ont eu lieu, ainsi que 61 gardes à vue et 50 perquisitions, rapporte Le Figaro.

Sur les dix procès prévus contre ces militants, deux ont déjà eu lieu. Six activtes ont comparu le 28 mai dernier à Bourg-en-Bresse pour "vol en réunion et par ruse" d’une affiche présidentielle à Jassans-Riottier dans l’Ain. Ils ont été condamnés le 12 juin dernier à une amende de 250 euros pour l’un d’entre eux, et 500 euros pour les cinq autres. Ils étaient également poursuivis pour refus de prélèvement d’ADN, mais le juge les a relaxés.

Le second procès qui se tenait ce mercredi 26 juin au tribunal de grande instance de Strasbourg, s’est soldé par la relaxe des trois militants, également accusés de "vol en réunion".

"C’est clairement un procès politique mais on assume ", confie Lucille Auger, l’une des trois accusés au journal 20 Minutes.

"Je trouve cela disproportionné par rapport à ce que l’on a fait. Mais je prends ce procès comme un cadeau. Cela nous permet de nous exprimer", reconnait Sylvain Metz, le second militant. Toutefois enlever le portrait d’un président dans une mairie, et avoir réfléchi à la manière de le faire peut vous coûter cher.

Décrochage du portrait du président : que risque-t-on ?

Dans les affaires citées ci-dessus, l’acte est qualifié de "vol en réunion", ce qui signifie que le vol a été commis par plusieurs personnes et réfléchi en amont. La loi définit le vol comme étant "la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui". Les peines peuvent varier en fonction de l'appréciation du juge et des potentielles circonstances aggravantes retenues.

Dans le cas des militants écologistes de l’association ANV COP21, le vol en réunion est considéré comme du vol en bande organisée et est donc passible de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, indique l'article 311-4 du code pénal. Un vol simple, lui, peut être passible de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, comme le rappelle l'article 311-3 du même code. Toutefois, comme l'a déjà expliqué Planet, il existe régulièrement une différence entre la théorie et l'application des peines. 

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