Grâce aux enregistrements sonores contenus dans la boîte retrouvée sur les lieux du crash, les enquêteurs ont pu reconstituer les minutes qui ont précédé le crash de l’A320 de Germanwings mardi.

Le vol 4U9525 de Germanwings a décollé mardi de Barcelone (Espagne) à 10 heures, après trente minutes de retard, et devait rejoindre Düsseldorf (Allemagne) un peu plus de deux heures plus tard. Il n’est jamais arrivé à destination et s’est craché vers 10h40. Grâce aux informations transmises par le Bureau d’enquête et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) et le procureur de Marseille en charge de ce dossier, Brice Robin, il est désormais possible de reconstituer une partie des évènements qui ont précédé le crash de cet A320.

Quelques minutes après que l’avion a décollé, tout semblait normal. Aussi, pendant les vingt premières minutes du vol et alors que l’appareil se trouvait dans le ciel français, le commandant de bord, Patrick S. et son co-pilote Andreas Lubitz, ont communiqué comme le veut la procédure avec le contrôle aérien. La discussion entre les deux hommes aux commandes de l’A320 était même "joviale", a rapporté le magistrat. Vraiment, "il ne se passe rien d’anormal", a insisté le magistrat.

Vers 10h27, l’avion se trouvait au-dessus de Toulon et avait atteint une altitude de croisière de 38 000 pieds. Trois minutes plus tard, le commandant de bord a décidé de passer en revue les différentes étapes qui allaient composer la fin de ce vol, comme par exemple la procédure à suivre pour poser l’appareil sur le sol allemand, à Düsseldorf. Selon Brice Robin, les réponses de son co-pilote, Andreas Lubitz, étaient alors "laconiques". L’ambiance n’était semble-t-il plus la même dans le cockpit.

A 10h30, l’A320 est entré en contact avec le contrôle aérien pour la toute dernière fois. "Direct IRMAR merci 18G", lui a dit l’un des hommes, montrant ainsi "qu'il a pris bonne note de l'ordre que vient de lui donner le contrôleur aérien de se diriger directement vers le point de passage 'IRMAR' et le remercie en rappelant l'indicatif radio de l'appareil", rapporte Le Monde. Là encore, rien d’anormal, "il s'agit d'une communication normale", souligne le journal.

Une minute plus tard, le co-copilote a pris une décision qui a bouleversé l’histoire de ce vol. Alors que son collègue s’est absenté du cockpit quelques instants – vraisemblablement pour aller aux toilettes – Andreas Lubitz a volontairement pressé "un bouton, pour une raison que nous ignorons totalement mais qui peut s'analyser comme une volonté de détruire cet avion", a expliqué Brice Robin.

Quelques instants plus tard, lorsqu’il tente de revenir dans le cockpit, Patrick S. se heurte à une porte blindée fermée. A cause des mesures de sécurité qui ont été mises en place au lendemain des attentats du 11 septembre, il lui est impossible de l’ouvrir.

"Le commandant s'inquiète, car il a senti la mise en descente de l'Airbus. C'est trop tôt pour aller à Düsseldorf", rapporte Le Point. Celui-ci a ensuite tambouriné à la porte pour tenter de se faire entendre par le co-pilote. Mais en vain. Selon le procureur, ce dernier a "volontairement" ignoré ces appels. "Les passagers des premiers rangs, très proches, sont intrigués, mais pas encore inquiets", précise l’hebdomadaire. Ces derniers n’auraient commencé à se poser des questions que lorsque le commandant de bord s'est saisi de la hache à incendie pour tenter de fracturer la porte. Encore une fois, en  vain.

Pendant ce temps, le co-pilote est resté silencieux. L’enregistrement de sons du cockpit ne retranscrit aucune parole, seulement sa respiration. Il était vivant. "Le contrôle au sol puis la tour de contrôle de Marseille tentent à de multiples reprises de contacter l’avion par radio. La tour demande également de passer le transpondeur de l'avion en mode alerte, ce qui lui aurait permis d'être prioritaire sur les autres aéronefs en cas d'atterrissage d'urgence, puis aux avions alentours de servir de relais radio", déraille Le Monde. Toujours par de réaction d’Andreas Lubitz.

A 10h35, face au silence radio de l’appareil qui continue sa descente vers la montage, la Direction générale  de l’aviation civile (DGAC) a décidé de lancer l’alerte DETRESFA, laquelle permet notamment d’envoyer des avions de chasse rejoindre l’avion en détresse.

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Une alarme retentit ensuite pour demander à celui qui se trouve dans le cockpit de redresser l’appareil. De l’autre côté de la porte, le premier quart de la cabine entend ce signale. La panique commence à gagner les passagers. Des cris sont retranscrits sur les enregistrements sonores. "Un premier choc intervient sur un talus, où l'avion rebondit avant de s'écraser contre la falaise avec toute la violence d'une vitesse de près de 700 km/h", détaille Le Point. Leur mort a été "instantanée", a affirmé Brice Robin. L’avion a été détecté pour la dernière fois par les radars français à 10h40.

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