Le couple a beaucoup évolué au fil des années. En effet, les individus sont devenus plus indépendants, mais ils aiment quand même garder certains rituels. L'historien Jean-Claude Bologne nous explique ce paradoxe.

À travers les siècles, la vision que nous avons du couple a énormément changé. Si certaines personnes croient en l'âme soeur d'autres, à l'inverse, ne pensent pas qu'un amour puisse durer toute la vie. Par ailleurs, avec l'évolution des moeurs, les mariages sont beaucoup moins nombreux qu'au siècle dernier. De nos jours, les couples valorisent les activités communes qui peuvent dans certains cas devenir des rituels. Pour comprendre tous ces bouleversements, nous avons contacté l'écrivain et historien Jean-Claude Bologne. 

Coup de foudre et environnement social 

Avez-vous déjà eu un coup de foudre ? Ce phénomène qui consiste à tomber instantanément amoureux au premier regard est loin d'être rare. Le nom "Coup de foudre" est employé pour la première fois en 1741 au siècle des Lumières, en pleine période libertine, indique l'auteur qui nous explique que le coup de foudre n'aboutit pas forcément à la formation d'un couple. "Il est une composante passionnelle de l'amour, mais il y a bien d'autres composantes comme le vivre ensemble, le relationnel, le partage des tâches qui sont à prendre en compte dans une relation."

À l'inverse, certaines personnes pensent pouvoir choisir leur moitié. "Avant, les familles étaient chargées d'organiser les rencontres. Mais peu à peu avec l'exode rural, les gens ont commencé à s'éloigner et ont donc fait des rencontres par eux-mêmes. Même si on pense aujourd'hui avoir le choix, notre environnement social joue en réalité un rôle très important. Nous sommes influencés par notre milieu et les lieux que nous fréquentons", a-t-il affirmé.

Du célibat au couple 

Certaines personnes préfèrent être en couple, d'autres au contraire aiment leur situation de célibataire. Aujourd'hui, il n'est pas mal vu d'être seul ou en relation libre. "Autrefois, on opposait le célibat au mariage. À une  certaine époque quand les femmes étaient encore célibataires à plus de 30 ans, elles le restaient jusqu'à la fin de leur vie. Aujourd'hui, il y a bien d'autres façons de former un couple", explique le chercheur. 

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De nos jous, les couples qui n'ont pas officialisé leur union par un mariage sont très nombreux. Et pourtant le concubinage ne remonte qu'à un siècle. "Au 19ème et 20ème siècle, les couples devaient être conformes à la société. Ceux qui n'étaient pas unis étaient stigmatisés. La norme était d'avoir beaucoup d'enfants, les couples stériles étaient donc rejetés. Même si aujourd'hui certaines générations véhiculent encore cette image du couple, elle n'a plus d'influence", a-t-il ajouté. 

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Des rituels à la routine 

Contrairement aux siècles passés, les couples font davantage de choses à deux. Considérés comme des rituels ou habitudes, ils peuvent se transformer en une routine. "Le rituel à la base est une routine, mais qui est vécue comme porteuse de sens. Tout peut être vécu comme un rituel, c'est un moment de construction, de vie plus intense. La seule chose qui sépare la routine du rituel c'est l'intention qu'on y met", selon le sociologue Jean-Paul Kaufman. 

"Au 20ème siècle, la vie sociale était différente pour la femme, elle restait plus au foyer et les activités communes étaient moins nombreuses. Il faut construire des habitudes tout en évitant la routine qui entraîne la rupture", affirme Jean-Claude Bologne. "Nous allons au marché tous les dimanches matins. On se parle souvent avant d’aller se coucher pendant qu’on se lave les dents. On fait régulièrement un week-end loin de Paris pour se retrouver", déclarent par exemple Louise et Julien, en couple depuis deux ans.

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En couple mais indépendants

La Saint-Valentin fait partie d'un des grands rituels du couple. "À l'origine, c'était une fête pour que les timides déclarent leur flamme. Aujourd'hui, son but est de se dire des choses qu'on ne se dit pas tous les jours. Si on l'oublie cela peut être un signe d'indifférence", estime l'écrivain. Aujourd'hui, les couples ont l'habitude de la fêter, mais très simplement. On ne fête pas spécialement la Saint-Valentin, on va simplement au restaurant", confie Pauline en couple depuis un an.

Bien que mariés ou en couple, les individus aiment être parfois seuls. "Il est important d'avoir des moments à soi. Beaucoup de personnes profitent des voyages pour être loin de leur conjoint et pour se recentrer sur eux-mêmes. L'amour libre n'est plus un problème même si les clichés sur le couple et le célibat subsistent. On entend parfois qu'une femme seule à 30 ans finira vieille fille", affirme-t-il. "Même si on fait des choses ensemble, on trouve important de garder une certaine indépendance vis-à-vis de l'autre pour ne pas s'étouffer", ajoute Pauline. 

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