Janet Vertesi, professeur de sociologie à l'université de Princeton (Etats-Unis) a mené une expérience particulière : cacher à Internet sa grossesse afin de ne pas être harcelée par les publicitaires et protéger sa vie privée. Résultats : ce n'était pas une mince affaire…
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Comment se cacher de la dictature de la publicité lorsqu’on est enceinte ? C’est la question que s’est posée Janet Vertesi, sociologue enseignante à la faculté de Princeton aux Etats-Unis. Enceinte, la professeure s’est lancée le défi de cacher sa grossesse à Internet afin que les publicitaires ne s’approprient pas ses données personnelles, ni la harcèlent avec des offres en rapport avec sa maternité. Et pour cause les données personnelles de femmes enceintes sont vendues 1.5 dollar contre 0.10 pour une personne lambda.

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Des dispositions drastiques durant 9 mois

Dès le début, les habitudes de la jeune femme sont radicalement modifiées. Elle demande, par téléphone, à ses amis de ne pas mentionner sa grossesse sur les réseaux sociaux. Elle a dû supprimer et retirer de sa liste d’amis certains qui ont commis la bourde en la félicitant.

Quant aux achats relatifs à la grossesse, ils sont tous effectués en liquide et la sociologue a du bannir les cartes de fidélités de son portefeuille. Elle a poussé l’expérience jusqu’au bout en utilisant le logiciel d’anonymisation Tor, pour ne laisser aucune trace de ses visites sur internet en rapport avec sa maternité. Janet a également utilisé une adresse mail sécurisée pour pouvoir effectuer ses achats prénataux sans être démasquée.

La conclusion relevée par la sociologue à l’issue de son expérience est des plus inquiétantes : "Tout ce que j'ai fait pour cacher que j'attendais un enfant me désignait en fait comme une personne impliquée dans des activités criminelles. Plus vous résistez au traçage, plus vous êtes considéré comme un ‘mauvais citoyen'", s'alarme-t-elle. "Il faut que nos échanges et transactions au quotidien restent de simples transactions, et non un moyen de surveillance", a-t-elle conclu.

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