Après l'attentat dans l'Aude, la question du lieu d'inhumation du cadavre du terroriste se pose. Retour sur les précédents cas. 

La question est délicate : où enterrer les dépouilles des terroristes après un attentat ? Une interrogation qui ressurgit aujourd’hui, mais qui avait déjà tiraillé quelques communes suite à la tuerie de Mohamed Merah, des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly.

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Un maire ne peut quasiment pas refuser l’inhumation

A l’époque, les familles Kouachi et Coulibaly avaient eu de grandes difficultés à trouver des communes pour enterrer leurs enfants, au vu de l’image négative que renverrait une sépulture d’un terroriste. Les maires redoutaient également que les sépultures devinssent des lieux de "pèlerinage" pour d’autres apprentis-djihadistes.

A noter qu’un maire peut refuser l’inhumation d’une personne, sauf si elle résidait dans sa commune, si elle y est morte ou si un caveau familial s’y trouve déjà. En revanche, l’édile peut décider qu’aucune inscription soit marquée sur la tombe, afin qu’elle ne devienne un lieu de "pèlerinage" controversée par exemple.

La crémation ou l’étranger ne sont pas retenus

Mais si l’inhumation pose problème, pourquoi la crémation n’est-elle pas choisie ? Car la religion musulmane bannit l’incinération. La solution d’envoyer la dépouille au pays d’origine des parents du terroriste, ou à l’autre pays dont il a la nationalité pour les binationaux, a bien été pensée, mais les autres pays en question ont refusé de recevoir les corps sur leur territoire. Ce fut le cas pour Mohamed Merah (Algérie) et Amedy Coulibaly (Mali).

Finalement, Mohamed Merah a été enterré dans un cimetière à Toulouse, en catimini, de même qu’Amedy Coulibaly dans un cimetière parisien. Quant aux frères Kouachi, Saïd a été enterré à Reims et Chérif à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Les tombes des quatre terroristes sont anonymes.

"Tout l'enjeu se situe autour de la légitimité de l'ennemi"

Interrogée par Le Figaro, Riva Kastoryano, auteur de Que faire du corps des djihadistes ?, explique que "tout l'enjeu se situe autour de la légitimité de l'ennemi et de sa cause. Le « soldat » djihadiste ne représente aucun État, il n'est rien aux yeux des États attaqués (…) Lorsque le terroriste est tué par la police c'est différent, son corps devient un objet public dont on débat. Souvent les familles ne veulent pas ou n'osent pas réclamer le corps."

Sur les champs de bataille à l’étranger, la chercheuse explique que la question se pose différemment. "Que faire du corps d'ennemis qui sont considérés comme des criminels, et mènent une guerre déterritorialisée, se réclamant d'une communauté globale, l'Oumma ? Le fait d'avoir jeté le corps de Ben Laden à la mer était une réponse symbolique à la mondialisation du djihad. C'était la réponse d'un état territorial au djihad global : jeter un corps à la mer, c'est faire en sorte que l'ennemi ne laisse aucune trace sur terre, et ne pas lui reconnaître de légitimité."

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