En recevant les différentes parties à l'Elysée, François Hollande souhaite à tout prix faire avorter le processus de fusion déjà entamé entre Alstom et General Electrics. Le but, éviter que le groupe vienne compléter la liste déjà longue de ceux qui ont quitté l'hexagone.
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Alors que la vente de la branche énergie d’Alstom au géant américain General Electrics est entravée par l’exécutif qui lutte pour que le groupe reste en Europe, d’autres fleurons de l’économie française aiguisent les appétits de groupes étrangers.

Passé récemment sous pavillon Suisse, le groupe Lafarge illustre cette vague de rachats encouragés par des activités en berne. Selon le cabinet Dealogic, la France a été le pays le plus ciblé en termes d’acquisitions au premier trimestre 2014. Tour d’horizon de ces fusions-acquistions qui prennent racine sur la fragilité des anciennes gloires hexagonales.

Le groupe Lafarge sous pavillon Suisse

Arnaud Montebourg a beau affirmer que "les entreprises françaises ne sont pas des proies", le mariage de Lafarge avec Holcim, géant suisse du ciment, prend des airs de prise de guerre. Officialisée en avril 2014, cette fusion dont émane le groupe "LafargeHolcim" prévoit entre autres le déménagement du siège de Paris à Zurich ainsi qu’une offre publique d'échange lancée par le groupe suisse Holcim sur son concurrent français Lafarge, au taux d'une action Holcim pour une action Lafarge.

Le groupe va conserver une activité en France et paiera les taxes liées aux bénéfices qu’il y réalise. En revanche, le manque à gagner pour l’État liée à la nouvelle fiscalité du groupe est très important. LafargeHolcim sera dorénavant coté sur les places parisiennes et zurichoises.  

Publicis chez l’américain Omnicom

Actée en juillet 2013, la fusion des deux mastodontes de la communication a pour ambition de donner naissance au leader mondial. Le nouveau groupe, dont le capital sera partagé à 50/50 entre les actionnaires des deux sociétés, sera coté sur les bourses de Paris et New York. Ce mariage prévoyait le déménagement du siège vers les Pays-Bas avant que les deux parties ne se tournent finalement vers la Grande-Bretagne. Le problème est que cette nouvelle résidence fiscale ne figurait pas sur le contrat d’origine. Ceci ralentirait le processus de fusion.  

SFR et la tentation luxembourgeoise

Dans le cadre du rachat de l’opérateur SFR par Numéricable, un détail non négligeable a provoqué l’ire d’Arnaud Montebourg. Même si le siège social restera en France, l’ensemble du groupe est possédé à 60% par Altice, immatriculée au Luxembourg.

Le groupe Altice est lui-même détenu à hauteur de 62% par Next LP, groupe personnel de l’homme d’affaire Patrick Drahi. Or, le patriotisme économique n’est pas ce qui caractérise ce résident suisse qui a abandonné sa nationalité française… Suite à l’invective d’Arnaud Montebourg l’invitant à "rapatrier l'ensemble de ses possessions, biens, à Paris, en France", l’homme d’affaire avait fait savoir qu’il renonçait à redevenir résident fiscal français.

Alstom et General Electric

Il ne s’agit pas de l’ensemble du groupe qui nourrit l’appétit de General Electric. Seule la branche énergie mal en point, intéresse le géant américain. Or, le rachat potentiel de cette branche, pour une somme de 13 milliards d’euros, n’est pas du goût de Bercy qui entend en faire un "airbus de l’énergie" via Siemens.

Afin de gagner du temps et de faire pression sur le conseil d’administration, l’exécutif se mobilise. Alors qu’Arnaud Montebourg agite la menace d’un véto à cause de la sensibilité du secteur nucléaire, François Hollande reçoit les différentes parties dont les PDG de General Electrics et Siemens. Que donneront ses tractations ? Pour l’heure, l’issue du dossier reste incertaine. En sortant de l’Elysée, le PDG de General Electrics a néanmoins évoqué une discussion "constructive"….

La piste de la nationalisation, plusieurs fois évoquée, a finalement été écartée. Les politiques sont partagés sur la question de la vente du fleuron. Pour Nicolas Dupont-Aignan, cela relève de la "haute trahison" quand Jean-Pierre Chevènement déplore la relégation de la France au rang de "parc d'attraction".

 Éviter les précédents d'Arcelor, Lafarge, Publicis ou SFR, tel est l'enjeu de cette course contre la montre engagée par l'exécutif qui semble être arrivé bien tard dans la bataille.

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