Le philosophe controversé Alain Finkielkraut a été élu ce jeudi après-midi à l'Académie française. L'élection s'est déroulée dans un climat tendu.
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Alain Finkielkraut, écrivain et philosophe de 64 ans vient d’accéder à l’immortalité. En effet, Il a été élu ce jeudi après-midi par l’Académie française au fauteuil n°21 de Félicien Marceau avec 16 voix sur 28, dès le premier tour.

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Pourtant, son élection ne semblait pas acquise. En effet, la candidature du philosophe à l’Académie française avait provoqué la colère de certains "immortels". Si certains académiciens, notamment à travers de la voix de Jean D’Ormesson et Marc Fumaroli, sollicitaient l’écrivain depuis un certain temps, d’autres jugeaient le personnage trop clivant, voire trop droitier. Sa candidature avait été déposée le mois dernier, la place de Félicien Marceau disparu il y a deux ans étant désormais libre.

Normalien et professeur de philosophie, Alain Finkielkraut s’était fait connaitre du grand public en 1977 avec son livre le Nouveau Désordre amoureux coécrit avec Pascal Bruckner.Il a notamment été l’un des intellectuels français à prôner une intervention en ex-Yougoslavie, à l’instar du philosophe Bernard-Henri Levy. On retrouve aussi souvent le penseur sur le plateau de "ce soir ou jamais", l’émission de Frédéric Taddéi. Le nouvel académicien est en outre connu pour ses crises d’énervements assez impressionnantes lors d’émissions télés ou radio.

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La polémique de son dernier livre

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Son dernier livre, l’Identité malheureuse, publié chez Stock en 2013, a fait polémique. Cet ouvrage, applaudi par les uns, décrié par les autres, n’aura pas laissé indifférent. Il est vrai que celui-ci traitait des sujets sensibles que sont l’immigration et l’identité nationale. C’est notamment lors de la promotion de ce livre que Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, s’était opposé au philosophe dans l’émission "des paroles et des actes" sur France 2.

S’il était critiqué, il a aussi trouvé des soutiens de poids en la personne de Jean D’Ormesson qui, selon Le Figaro, menaçait de ne plus mettre les pieds à l’académie si son poulain n’était pas élu. A côté de celui-ci, le philosophe Pierre Nora, l’historien Max gallo ou encore Hélène Carrère d’Hencausse, secrétaire perpétuel de l'institution, ont aussi apporté leurs voix au penseur.C’est d’ailleurs ce soutien public qui a exaspéré certains membres de l’Académie fondée en 1635 par Richelieu. En effet, selon les traditions, nul ne peut revendiquer son vote, que ce soit avant ou après l’élection.

Europe 1 avait rapporté qu’Alain Finkielkraut savait "très bien qui a fait campagne contre lui". Il a ensuite promis que s’il est élu, "il y a plusieurs personnes à qui il ne parlera plus".Qui a dit qu’il n’y avait pas d’ambiance à l’Académie française ?

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