Le ton est monté mardi soir entre le procureur de Grenoble et le directeur de la gendarmerie nationale. Ce dernier a même dénoncé des "accusation péremptoires et scandaleuses" tandis que le premier a fait un parallèle avec l'affaire Grégory. Mais que se passe-t-il ? 

L’affaire Maëlys connaît une crise. En effet, le directeur de la gendarmerie nationale n’a pas du tout apprécié les accusations portées par le procureur de Grenoble à l’encontre de ses équipes. Et il l’a fait savoir. En cause : le fait que le magistrat a ouvert mardi une enquête pour "violation du secret de l’instruction". Celui-ci reproche en effet aux gendarmes chargés d’enquêter sur la disparition de la fillette de neuf ans d’avoir trop parlé à la presse. Ces discussions auraient notamment empêché le procureur de surprendre Nordhal L., le prinicpal suspect, en lui révélant qu’une photo prise par des caméras de vidéosurveillance montre une forme blanche à l’avant de son véhicule le soir de la disparition de Maëlys, laquelle portait justement une robe blanche ce jour-là. Le procureur misait sur cette annonce et sur l’effet de surprise pour tenter de prendre suspect au dépourvu et ainsi obtenir des informations de sa part. Malheureusement pour lui, l’information a fuité avant dans la presse, cassant son effet de surprise. Si bien qu’il a même reporté l’audition de l’ancien militaire.

"L’affaire Grégory n’a pas servi de leçon à beaucoup de gens"

« Ce sont des accusations péremptoires et scandaleuses », a fulminé le directeur général de la gendarmerie nationale, Richard Lizurey. Mais si ce dernier a rapidement réagi, le procureur a lui aussi mis peu de temps à répliquer. Quelques heures plus tard, au micro de RTL, il enfonçait en effet le clou en déclarant : "La seule chose qui soit scandaleuse dans cette affaire, c’est les fuites permanentes. Tous les jours dans la presse il y a des éléments qui fuitent et qui peuvent nuire à l’enquête". Furieux, il a poursuivi en expliquant son raisonnement : "Les éléments communiqués, ne sont connus que des enquêteurs, de leur hiérarchie et des juges. Que des journalistes soient avisés de ces éléments, cela ne peut être fait que par des gens qui pratiquent l’enquête ou qui sont au-dessus des enquêteurs. (…) Ce sont les gendarmes qui ont l’enquête".

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Et alors qu’une enquête vient d’être ouverte pour trouver qui est la taupe, le procureur de Grenoble n’a pas non plus caché son agacement. "Je suis obligé de déclencher une enquête dont je me serai bien passé, parce qu’une enquête dans l’enquête, ce n’est sûrement pas quelque chose qui va faciliter la résolution de cette affaire, a-t-il regretté. Et j’ai très clairement le sentiment que l’affaire Grégory n’a pas servi de leçon à beaucoup de gens".

 

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