Qu’est-ce qui pousse un homme d’une trentaine d’années à tuer une petite fille de 8 ans ? Pour comprendre le geste de Nordahl Lelandais, qu’il assure être involontaire, saisir sa personnalité est indispensable et, celle du principal suspect dans l’affaire Maëlys, recèle de zones d’ombres.

Cherchez les termes «personnalité » et « Nordahl Lelandais » dans Google, conduit à trouver de nombreux adjectifs associés au champ lexical de l’ambivalence : double visage, trouble, ambigüe. Le trentenaire réformé de l’armée semble particulièrement difficile à saisir comme en témoignent les anecdotes et histoires racontées à son propos. Sur France Info, un ancien copain de jeunesse le décrit comme quelqu’un de "doux et gentil", une ex-petite amie confirme dans Sept à Huit. Des copains de beuverie parlent dans Midi Libre comme "gros déconneur", dragueur et "sympathique".

Idem dans la famille de Nordahl Lelandais, on n’envisage pas qu’il puisse avoir commis un tel acte. Sa mère ne doutait pas de son innocence non plus après lui avoir rendu visite en cellule au début de l’enquête. Idem pour son frère qui confie toutefois que Nordahl est plutôt du genre taiseux. Mais cette vision positive du trentenaire se heurtent à d’autres témoignages beaucoup plus sombres. Une ancienne conquête évoque un homme violent qui aurait posté des vidéos de leurs ébats. Les faits parlent aussi et dévoilent un homme qui n’est pas étranger à la délinquance.

Réformé P4 de l’armée où il avait été interpellé pour infractions à la législation sur les stupéfiants, il a plus tard écopé d’un an de prison ferme pour l’incendie d’un snack-bar. Des témoignages ressortent alors du lot et décrivent cette fois ‘’Nobo le Barjo’’ ou ‘’Nono le pyro’’, un personnage impulsif qui se canalise plus tard avec le sport mais aussi en s’occupant de ses chiens, une vraie passion. L’homme cache aussi des failles. A l’école, il aurait vécu quelque chose de grave, peut-être des attouchements selon une ex-compagne, et avec son père, les rapports sont tumultueux.

Pour autant, un ancien ami ne croît pas au "simple type bizarre du village", et lance dans Le Parisien : "C’est un fou qui s’est bien caché pendant des années (…) C’est quelqu’un qui a déjà tué. Il n’en est pas à son coup d’essai". 

Le doute

Nordahl Lelandais, fou ? L’adjectif ne recouvre pas de réalité psychiatrique particulière, en revanche certains experts interrogés dans les médias n’hésitent pas à parler d’un manipulateur. Aurélien Dyjak, directeur et cofondateur de l’Institut de Criminologie Méditerranéen à Aix-en-Provence explique dans La Depêche : "Ce qui semble ressortir de sa personnalité, c’est qu’il s’agit d’un manipulateur, or, la manipulation est un indicateur de perversion, ou un symptôme de psychopathie. Il est admis que la plupart des tueurs en série sont des psychopathes", tout en ajoutant que le terme de "tueur en série" revêt une catégorie policière et qu’il faut au moins trois meurtres pour l’utiliser.

Publicité
Si une dizaine de dossiers ont été rouverts, Nordahl Lelandais est mis en examen dans deux affaire seulement, Maëlys de Araujo et Arthur Noyer. Personne n’est donc en mesure aujourd’hui de dire que Nordahl Lelandais est un tueur en série, en revanche, plusieurs éléments de la chronologie font tiquer, comme le relève Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série sur France Bleu : "Quand on voit l’organisation criminelle mise en place une fois que Maëlys a disparu, éteindre les téléphones, les rallumer, etc. C’est d’un cynisme inouï que de revenir sur cette fête de mariage alors qu’il s’est débarrassé du corps et de la tuer".

Actuellement hospitalisé en soins psychiatrique à l’hôpital du Vinatier, à côté de Lyon, Nordahl Lelandais doit subir une expertise psychiatrique. 

Vidéo :Lelandais, d'autres victimes ? 

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X
Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité