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Rarement mis en avant, ils ont pourtant un rôle capital dans la résolution des enquêtes… Il s'agit des enquêteurs de l'IRCGN, un service mêlant techniques policières et savoir-faire scientifique de pointe.
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IRCGN. Derrière cet acronyme qui sonne comme un service qu’on aurait oublié dans le millefeuille du service public se cache l’Institut de recherche criminel de la gendarmerie nationale, basé à Pontoise depuis 2015. Il s’agit d’un laboratoire français de police spécialisé en sciences forensiques et rattaché au pôle judiciaire de la Gendarmerie. Sur le papier, la description a de quoi laisser coi mais dans les faits, il s’agit d’un institut qui a pris en quelques années une importance capitale pour mener à bien des enquêtes. L’autopsie du squelette de Maëlys, la fillette tuée par Nordahl Lelandais ? C’est eux. La trace de sang dans le coffre de ce dernier ? Encore eux. L’analyse de la scène du drame de Millas ? Encore eux. Aujourd’hui, la preuve scientifique est celle qui permet presque plus que toutes les autres de faire avancer les affaires. 

Les chiffres présentés dans le bilan de l’IRCGN sur l’année 2017, publié fin mars, ne disent pas autre chose. Les quelques 250 personnes qui travaillent pour l’institut ont été mobilisée sur 233 198 dossiers l’an passé, soit une augmentation de 5,4% par rapport à 2016. Le coût total des activités criminalistiques s’est élevé à plus de 12 millions d’euros. L’institut est en premier lieu sollicité pour des expertises de document, puis de biologie et enfin de véhicules. Entre 2010 et 2015 son activité a cru de 81%.

De Maigret aux Experts

L’IRCGN se répartit en quatre divisions criminalistiques : Physique et Chimie, Ingénierie et numérique, Identification humaine, et Biologie et génétique. A ces dernières s’ajoute une unité d’investigation et d’identification qui se déplace sur le terrain lorsque c’est nécessaire, dans le cas de scènes de crime complexe ou de grandes catastrophes, par exemple.

L’IRGCN est créé en 1987 après l’échec de l’affaire Grégory et s’appelle alors le STIG. A l’époque, cinq laboratoires de police existent déjà, sous la houlette de l’INPS (Institut national de la police scientifique), mais face à la demande, les autorités estiment qu’il est nécessaire d’en ouvrir un de plus. A cette époque, la France imprime en retard considérable. En 1985, il y a 900 scientifiques dans les laboratoires de police en Grande Bretagne contre seulement 35 dans l’Hexagone. C’est le commandant Caillet qui est chargé de monter cette nouvelle structure, aujourd’hui dirigée par le colonel Patrick Touron. Il a un temps été question que l’IRCGN soit intégré à l’Institut national de la police scientifique, mais l’option a été écartée afin de pouvoir conserver une possibilité de contre-expertise. La structure est composée de militaires de formation mais également de scientifiques qui suivent par la suite une formation estampillée gendarmerie.

La reconnaissance de l’IRCGN est aujourd’hui internationale. Via la Direction de la coopération internationale, l’institut forme aussi des forces de l’ordre étrangères et est partie prenante dans des projets scientifiques de pointe.

Quand la science-fiction prend des airs de réalité

Car si l'IRCGN permet de résoudre des affaires, il permet aussi de faire avancer la science et publie plus d’une dizaine d’articles scientifiques par an. Parmi les projets auxquels il participe, se trouve le projet SHUTTLE, qui bénéficie d’un financement à hauteur de 10,5 millions d’euros de la commission européenne. Il s’agit de développer une boîte à outils afin de produire une analyse plus complète, plus fiable et plus rapide des fibres collectées sur des scènes de crimes. L’IRCGN planche également sur une méthode qui permettrait d’établir un portrait-robot génétique. C’est-à-dire, déterminer certaines caractéristiques physiques d’une personne à partir de son ADN.

Enfin l’un des projets les plus surprenants est sans aucun doute le développement d’un système portatif permet l’identification de l’empreinte olfactive d’un individu. Les animaux se reconnaissent à l’odeur, pourquoi par les humains ?