Les experts mandatés par les magistrats chargés de l'enquête sur l'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne) ont remis le 25 juin dernier à la justice un nouveau rapport accablant pour la SNCF. Plus de détails.
©AFP

"200 anomalies de divers degrés de criticité", un "état de délabrement jamais vu ailleurs"… Tels sont les termes utilisés par les deux experts mandatés par la justice pour enquêter sur les causes de l’accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, lequel avait coûté la vie à 7 personnes et blessé 32 autres le 12 juillet dernier.

• Lire aussi : Accident de Brétigny : la SNCF accablée par un rapport

L’état des voies mis en cause

Dans un rapport remis à la justice le 25 juin dernier, que Le Monde et Le Figaro ont pu se procurer, les deux experts, Michel Dubernard et Pierre Henquenet expliquent que l’état des infrastructures a provoqué l’accident de Brétigny-sur-Orge (Essonne). "Le processus ayant abouti à la désagrégation complète de l'assemblage s'est étalé sur plusieurs mois et a concerné l'ensemble de l'appareil de voie incriminé sur lequel ont été relevé plus de 200 anomalies de divers degrés de criticité", ont rapporté les deux experts.

Circonstance aggravante, ces anomalies "étaient connues de la SNCF ou de ses agents, sans pour autant qu'il y soit remédié de façon adéquate", ont ensuite expliqué les enquêteurs. "Dès 2008, les TJD (traversées-jonction double, autrement dit les aiguillages) de Brétigny-sur-Orge préoccupaient manifestement les ingénieurs de la SNCF", explique, à charge de la SNCF, le rapport, et ce alors que Brétigny-sur-Orge "est connue des services techniques de la SNCF comme une zone à risque et de ce fait classée en zone d'évolution rapide nécessitant le traitement rapide des anomalies".

• Lire aussi : Déraillement de Brétigny-sur-Orge : les images de l'accident

Une maintenance inefficace

Les conclusions de ce rapport rejoignent celles d'un précédent effectué par l’expert indépendant, Robert Hazan. Egalement nommé par la justice, ce dernier avait déjà mis en avant que l’état des voies et que la maintenance aléatoire des aiguillages étaient à l’origine du drame. Et pour cause, sur l’aiguillage incriminé, la partie droite du rail présentait 11 boulons mal serrés sur les 38 présents. Quant à la partie gauche, sur les 38 boulons, 20 étaient desserrés et deux … manquants !

Ces deux rapports accablent un peu plus la SNCF, laquelle devrait probablement être poursuivie pour homicide par négligence dans les mois à venir.

A voir sur ce thème : les raisons du détachement de l'éclisse est au centre du travail des enquêteurs

Vidéo : Brétigny: les raisons du détachement de l'éclisse à éclaircir

Cet article vous a intéressé ?

Découvrez encore plus d'actualités,
en vous abonnant à la newsletter de Planet.

Votre adresse mail est collectée par Planet.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.