A l'ère numérique, les événements professionnels restent privilégiés par le voyageur d'affaires, souligne le sociologue Bertrand Pulman dans un entretien au « Monde ».
Voyages d’affaires: « La force des salons reste la rencontre physique »

Bertrand Pulman est professeur de sociologie et d’anthropologie à la Sorbonne-Paris-Cité et à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il vient de publier Salons. Rencontres et surprises (Dunod, 224 pages, 35 euros).

Dans votre ouvrage, vous affirmez que l’ancêtre du salon serait le potlatch…

« Le salon est à la fois source de richesse et porteur de la promesse d’une sociabilité pacifique »

Effectivement. Il s’agissait de cérémonies qui avaient lieu à échéances régulières parmi des populations d’Amérique du Nord : les chefs des principales lignées familiales rivalisaient pour savoir qui avait le plus de prestige en se faisant des dons. Cela illustre la dimension structurante importante des échanges pour pacifier le champ social. Il vaut mieux que les gens s’échangent des produits plutôt que des coups ! Aujourd’hui, l’augmentation de la richesse ne doit plus se faire par la conquête territoriale, mais par le commerce et la synergie des acteurs. Le salon m’est apparu comme la quintessence de cette synergie. Il est à la fois source de richesse et porteur de la promesse d’une sociabilité pacifique.

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