Editorial. La polémique née de l'invective d'un élu RN envers une mère voilée, et entretenue par des responsables politiques divisés, a fait déraper le débat sur la laïcité. Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont tenté de le recadrer.
Vider l’abcès du débat sur le voileAFP

Editorial du « Monde ». En deux déclarations fermes, l’exécutif a recadré, cette semaine, le débat sur la laïcité, qui commençait à prendre mauvaise tournure. Mardi 15 octobre, lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, Edouard Philippe a fermement rejeté l’idée d’une nouvelle loi pour interdire le port du voile aux accompagnatrices scolaires. « On peut porter un voile quand on accompagne une sortie scolaire, mais on n’a pas le droit de faire du prosélytisme, et les autorités peuvent et doivent intervenir si tel est le cas », a déclaré le premier ministre, dans un rappel bienvenu au texte de 2004 qui fait la part des choses entre pratique culturelle et militantisme religieux.

Le Conseil d’Etat avait, de fait, précisé, en décembre 2013, que les parents accompagnant les enfants lors de sorties scolaires n’étaient pas tenus à la neutralité et pouvaient porter des signes d’appartenance religieuse – à l’inverse des enseignants. Seul bémol : le prosélytisme leur est interdit. Dès lors, pourquoi sortir du cadre ? Deux jours plus tard, Emmanuel Macron, en marge d’un sommet franco-allemand, a dénoncé...

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