Longtemps considéré comme la revendication à l'égalité politique et juridique, le féminisme a évolué en même temps que la composition de la famille, le monde du travail, les évolutions médicales et les bouleversements sociétaux.
Universaliste, intersectionnel, différentialiste… Non, il n’y a pas qu'un seul féminisme

À l’époque du MLF, le Mouvement de libération des femmes né dans l’élan émancipateur de Mai 68, le sujet faisait débat dans les repas de famille, mais il s’énonçait assez simplement : le MLF se battait pour la contraception, l’avortement et combattait, dans un même élan, la misogynie. Aujourd’hui, l’apparition de nouveaux mots et concepts comme les études de genre ou l’intersectionnalité, sur fond de sujets comme le voile islamique ou la gestation pour autrui (GPA), rend plus complexes les prises de position. Si bien que les féministes s’opposent sur un nombre croissant de sujets. Il est possible de les ranger dans plusieurs familles, dont trois principales : les universalistes, les intersectionnelles et les différentialistes.À l’origine, un féminisme « universaliste », dénoncé comme « blanc » et « bourgeois »Pour ces féministes, la priorité ne serait pas celle de faire de nouvelles lois mais de veiller à leur bonne application au quotidien au sein de la société civile. Pour les féministes universalistes, attachées à la laïcité comme instrument d’émancipation des femmes, ce qui importe est de lutter contre le sexisme où qu’il soit, notamment dans les trois monothéismes. De...