Dans « Une femme du monde », la réalisatrice Cécile Ducrocq met en scène une prostituée de Strasbourg qui travaille en indépendante et lutte pour que son fils puisse poursuivre ses études. À sa manière, ce film dépourvu de complaisance dresse le portrait d'une société, la nôtre, où la précarité rend fou.
"Une femme du monde", film brûlant sur la prostitution et la précarité

Elle travaille à Strasbourg en « indépendante » et ne se définit en aucun cas comme une victime. Marie, la quarantaine, est prostituée et vivote grâce à ses passes en refusant d’intégrer les réseaux qui, à la frontière avec l’Allemagne et de l’autre côté de cette même frontière, prospèrent en gérant de gigantesques bordels où l’on pratique l’abattage. À son échelle, Marie est une travailleuse « ordinaire », qui s’inquiète de ses fins de mois difficiles, s’alarme de la concurrence – des prostituées africaines qui, manipulées par leurs macs, « cassent les prix » – et milite parfois avec ses consœurs pour obtenir des droits et une reconnaissance sociale.Marie est aussi une mère. Et son fils, Adrien, lui donne du fil à retordre… Déscolarisé, l’adolescent rêve de devenir cuisinier, mais il ne fait rien pour y parvenir. Marie réussit à le convaincre de s’inscrire à un concours dans une école privée onéreuse. Une fois Adrien reçu, pour sa plus grande fierté de mère n’envisageant que la respectabilité pour sa progéniture, encore faut-il pouvoir s’acquitter des frais de scolarité. Sommée par l’école de payer lesdits frais pour qu’Adrien puisse entamer son cursus, Marie se doit de réunir...