Le 30 novembre, la danseuse franco-américaine fera son entrée au Panthéon. La France rend hommage à celle qui usa de sa popularité pour obtenir auprès des ambassades des renseignements capitaux. Récit.
Un peu d'histoire : Joséphine Baker, la résistante

Il n’est pas courant de trouver en conclusion d’un décret de la République une formule aussi peu administrative que « belle figure de la femme française au service de la Résistance ». La « femme française » en question n’en affiche guère les traits les plus classiques – ou, du moins, considérés encore comme tels dans les années 1950-1960. Elle se nomme Joséphine Baker, née McDonald le 3 juin 1906 à Saint-Louis, dans le Missouri. Américaine, noire, métisse, en fait, comme sa mère afro-amérindienne, la nuance olivâtre de sa peau venant peut-être de son père, aux origines espagnoles.Daté du 9 décembre 1957, signé par le président de la République, René Coty, et par son ministre de la Défense nationale et des Forces armées, Jacques Chaban-Delmas, le décret l’élève au rang de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Quand elle a posé le pied sur l’embarcadère du Havre trente-deux ans plus tôt, le 22 septembre 1925, celle qui porte le nom de son deuxième mari – qu’elle a épousé à 15 ans – n’imaginait évidemment pas que les autorités françaises lui accorderaient un jour l’une de leurs plus hautes distinctions honorifiques.À la conquête de ParisÀ vrai dire, la future...