Aux États-Unis, la nouvelle administration Biden a repris les propositions d'Elizabeth Warren et de Bernie Sanders sur la fin de la concurrence fiscale entre les États dans le monde. Professeur à l'université de Berkeley et conseiller de l'aile gauche du Parti démocrate durant les primaires, l'économiste français Gabriel Zucman décrypte les enjeux d'un taux minimum d'imposition pour les multinationales.
Taux d'imposition minimum pour les sociétés : "Le modèle des paradis fiscaux deviendrait caduc"

Marianne : Le Trésor américain a mis au menu de la rencontre du G20, une proposition visant à établir à l’échelle mondiale un taux d’imposition minimum sur les sociétés. Il a d’ores et déjà le soutien de la France, de l’Allemagne et du FMI. Le Covid-19 a-t-il tué la concurrence fiscale à l'œuvre depuis 40 ans ?Gabriel Zucman : Bien plus que le Covid, c’est l’administration Biden qui pourrait bien tuer la concurrence fiscale internationale en appliquant une mesure de bon sens, celle que nous décrivions avec mon coauteur Emmanuel Saez dans Le Triomphe de l’injustice (Seuil, 2020) : la collecte du déficit fiscal des multinationales.L’Europe a lancé le mouvement de concurrence fiscale internationale il y a 35 ans.Une société américaine s'acquitte-t-elle d'un taux effectif de 5 % sur ses profits en Irlande ? Les États-Unis collecteraient les 16 % manquant pour arriver à 21 %. Si les autres pays se mettaient à policer leurs multinationales de la même façon, il n’y aurait plus aucun intérêt pour les entreprises à enregistrer leurs bénéfices dans les paradis fiscaux qui, logiquement, se mettraient donc à augmenter leurs propres taux. Une course au mieux-disant fiscal...

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