Limiter la climatisation, éteindre les lumières et les appareils électroniques, privilégier les alternatives à la voiture… La sobriété est partout, dans toutes les bouches et dans toutes les têtes. Mais est-elle vraiment compatible avec le monde dans lequel nous vivons ? 
Sobriété ou pouvoir d'achat ? Ces contradictions qui nous empêchent de relever les défis du climat et de l'énergie

On l'entend partout, pire qu'un tube de l'été. Le succès inattendu du concept de sobriété, longtemps boudé par la classe politique, est né d'un malheureux alignement des planètes. Alors que la France, en feu, en nage et à sec, prend conscience de son exposition aux conséquences du réchauffement climatique, la fin attendue de l'approvisionnement en gaz russe causée par la guerre en Ukraine a mis en lumière l'urgence de réduire notre consommation d'énergies fossiles. Mais en France, où les transports sont les premiers émetteurs de gaz à effet de serre, plusieurs mesures destinées à préserver le pouvoir d'achat face à la hausse des prix de l'énergie contredisent à court terme nos objectifs climatiques.

Sommés de laisser la voiture au garage – pour sauver la planète –, les Français sont ainsi aidés par une remise du prix à la pompe – pour soutenir l'économie. Appelée en septembre par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, à consommer pour amorcer la relance post-Covid, la population est aujourd'hui priée de contribuer à son échelle à la diète énergétique. Invités à faire les soldes d'une part, alertés contre les dangers de la...