Il a tout chanté, tout osé, de cette langue malicieuse et salée qui ne tarda pas à être censurée à la radio. Pour célébrer les quarante ans de sa disparition, petit exercice d'écriture à quatre mains (les siennes, les nôtres) pour faire rougir dans les chaumières.
Scandaleux aujourd’hui, Brassens l’était déjà de son vivant – et tant mieux !

Y a tout à l’heure quarante ans de malheur qu’il est parti au paradis de la chanson. La Camarde l’a rattrapé, sa Supplique pour être enterré à la plage de Sète a été entendue, sans que l’on sache vraiment si le croque-mort l’a conduit, à travers ciel, au Père éternel… Tous derrière, lui devant, comme le Petit Cheval blanc, il n’a pas eu les Funérailles d’antan, ­toujours est-il que quarante ans après, il manquait encore…La mort, Georges Brassens l’a tutoyée, de l’Auvergnat aux Copains d’abord aucun chanteur n’eut pour elle autant de rimes et d’accords. Il l’a rendu vaine, tant il demeure familier. Bien sûr, pour ma génération, la voix de Georges Brassens remonte de l’enfance, elle me renvoie au temps du combiné radio-pick-up, bien avant l’âge de me crever les yeux en regardant de trop près les corsages.Mais où sont les neiges d’antan ? Parce qu’il en était ironiquement nostalgique, Brassens n’a pas d’âge, ni d’époque, il ne se démode pas, étant, par nature, étranger à la mode. Il ne saurait donc servir de témoin posthume d’un temps où l’on pouvait tout oser. Dans le poste, à la RTF et sur les radios périphériques grandes ondes, Brassens était filtré. Les amoureux pouvaient se...

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