DÉSHUMANISÉ - C'est un nouveau métier : travailleur de plateformes numériques. Ce sont les livreurs à vélo, à scooter ou encore les chauffeurs VTC. Leur point commun ? Un environnement juridique incertain, qui redessine de nouvelles formes de travail. Alors que la loi sur les mobilités est toujours en cours d'examen, LCI leur a demandé : comment travaille-t-on quand son patron est un algorithme ?
Quand ton patron est une application : "Avec l'algorithme, vous avez l'illusion de la liberté, mais c'est une liberté surveillée"

C'est un boss qui s'appelle Franck. Franck n’est pas bavard, parfois autoritaire. Et, souvent, sa logique est brumeuse. Franck est un algorithme, celui de Deliveroo, service de livraison à vélo. Chez Uber, l'algorithme n'a pas de prénom, mais son fondateur, Travis Kalanick, a souvent laissé entendre que "le patron, ce n'est pas Uber, c'est l'algorithme". Uber, UbertEats, Stuart, Foodora ou encore Lyft et Luna aux Etats-Unis, ou feux Take eat easy ou Toktoktok... : depuis plusieurs années, les plateformes numériques se multiplient en mettant en relation, via un logiciel, clients et travailleurs. 

Toutes ces applis se sont développées sur une promesse faite aux travailleurs : celle d'être indépendants dans un système flexible, et lucratif pour tous. En 2016, Edouard Bernasse rejoint une plateforme de livraison de repas à vélo. Le concurrent a coulé deux semaines avant. Il est lucide et sait que ce statut d’autoentrepreneur n'est pas rose. "A la première réunion, les types nous tutoient, font les vendeurs (...)

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