« Ovale-Levant ». L'ex-joueur de rugby Aristide Barraud se remémore sa dernière nuit, à Osaka il y a dix ans lors de la Coupe du monde avec l'équipe de France des moins de 20 ans. Il y est de retour pour le Mondial avec une chronique pour « Le Monde »
« Osaka Yoru » : dix ans après, retour au pays de l’Ovale-Levant

CHRONIQUE. Juin 2009. Sur la pelouse du stade Hanazono d’Osaka, j’ai vingt ans et le coq sur le cœur. En face de moi les Fidjiens commencent leur haka. Je vais pas vous mentir c’est pas le plus chaud, mais je m’autorise dix secondes pour sortir de ma concentration et prendre conscience de ce moment. Des années que j’ai orienté ma vie pour vivre ce genre d’événement.

15 heures, la fierté plein le maillot bleu, je donne le coup d’envoi du second match de la Coupe du monde des moins de 20 ans. Ça joue vite et bien, on prend le score rapidement mais à la demi-heure de jeu, sur un sale choc, mon genou fait une embardée. Je file aux vestiaires avec le doc, glace et premiers soins, je prends seul ma douche avant de sortir assister à notre victoire sereine depuis le banc de touche.

18 heures, on rentre au 35e étage de notre hôtel, un des plus hauts gratte-ciels de la ville, vue vertigineuse sur la fourmilière. En arrière-plan, les montagnes s’élèvent en muraille, semblent avancer sur la ville, lointaines mais puissantes comme la vague d’Hokusai.

19 heures, le staff médical m’annonce que c’est mort pour moi, entorse du...

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