L'Angleterre, énorme en défense et très réaliste en attaque, a fini par écoeurer l'Australie (40-16) au terme d'une superbe bataille samedi à Oita pour rejoindre la première les demi-finales de la Coupe du monde de rugby.

L'Angleterre, énorme en défense et très réaliste en attaque, a fini par écoeurer l'Australie (40-16) au terme d'une superbe bataille samedi à Oita pour rejoindre la première les demi-finales de la Coupe du monde de rugby.

. All Blacks en vue ?

Les Anglais affronteront samedi 26 octobre à Yokohama le vainqueur du second quart de finale de la journée qui oppose la Nouvelle-Zélande à l'Irlande. Si la logique est respectée, une savoureuse finale avant l'heure se profile donc entre les All Blacks, doubles champions du monde en titre, et leurs outsiders les plus ambitieux.

Car le sélectionneur Eddie Jones le clame depuis quatre ans: l'Australien a préparé le XV de la Rose pour s'imposer au Japon, pays qu'il a aussi fait progresser après avoir mené l'Australie en finale du Mondial 2003 face à... l'Angleterre.

Jones n'a pas fait de cadeau à son propre pays, ni à son ex-coéquipier et ami Michael Cheika, le sélectionneur des Wallabies dont l'élimination dès les quarts confirme le déclin, perceptible depuis quatre ans. L'Australie, finaliste de l'édition 2015, aura vendu chèrement sa peau avant de craquer en début de seconde période.

Le flanker David Pocock (31 ans, 83 sélections), grand artisan du beau parcours de 2015, quitte la scène internationale sans avoir réussi à soulever le trophée Webb-Ellis. Le dernier triomphe australien - 1999 - commence à dater...

. Parole à la défense

L'équipe du capitaine Michael Hooper a pourtant paru tenir tête au favori anglais: elle a mieux démarré chaque période, notamment la première, et s'est montrée tout du long très disciplinée (1 seule pénalité concédée en première période, 5 au total contre 8 pour les Anglais). Mais il lui manquait (entre autres) un ouvreur capable de faire la différence: Christian Lealiifano n'a pas su peser dans le jeu et a été remplacé dès la 53e minute par Matt Toomua.

A la différence d'Owen Farrell, qui a scellé le succès anglais par une magnifique passe au cordeau, à la limite de l'interception, pour le pilier Kyle Sinckler (46e). L'ouvreur anglais a aussi été impérial au pied (20 points à 8/8), contrairement au match de poule contre l'Argentine où il avait flanché.

Les Anglais ont pris le dessus grâce à leur défense monstrueuse: 8 joueurs, soit plus de la moitié de l'équipe, terminent le match entre 13 et 20 placages! Et s'il faut retenir un "geste symbole" de ce match, il suffit de s'arrêter à la 60e minute lorsque le pilier anglais Sinckler est venu arracher le ballon des mains d'Isi Naisarani après une longue possession australienne.

. Leçon de réalisme

Mieux rentrés dans le match, vainqueurs des duels à l'impact et avançant à coups de passes après contact, les Australiens n'étaient que maigrement récompensés (3-0) après 12 minutes.

Les Anglais n'ont pas tardé à réagir, exploitant chaque opportunité pour marquer deux essais en trois minutes par Jonny May (18e, 21e); le premier sur un décalage parfaitement joué; le second après une interception d'Henry Slade prolongée au pied pour son ailier.

Les Anglais ont pris le contrôle du match pour ne plus jamais le lâcher, même si les Australiens se sont accrochés, revenant même à un point (17-16) avec l'essai de Marika Koroibete (43e). L'ailier a conclu d'une chevauchée solitaire une superbe passe de Reece Hodge suivie d'une remise intérieur du jeune prodige Jordan Petaia.

Mais Farrell a tué dans l'oeuf tout espoir en lançant Sinckler dans le meilleur intervalle possible (24-16), et les Australiens se sont alors mis à faire des fautes. L'addition s'est alourdie: 30 points (66e), puis 40 après l'interception d'Anthony Watson sanctionnée par un 4e essai anglais (76e). Les Anglais sont prêts, les autres peuvent trembler.

Les Australiens, finalistes en 2015, quittent eux le Mondial sur une déroute qui va laisser des traces.

Vidéo : Bug à la pompe essence : le carburant est gratuit !