En Colombie, la répression violente des manifestations contre la réforme fiscale du très droitiste président Ivan Duke met en lumière les fractures du pays, miné par les inégalités et un passé fait de guerres fratricides et de meurtres. Mais pour la première fois, une opposition de centre gauche est en mesure de changer la donne aux prochaines élections présidentielles.
Manifestations en Colombie : "Les aspirations sociales et populaires sont très fortes"

En Colombie, les manifestations contre le projet de réforme fiscale présentée par le gouvernement de droite du président Ivan Duke ont été réprimées avec une extrême violence. L'intervention de la police et de l'armée, notamment dans la capitale Bogota, mais aussi à Cali et à Medelin, a causé la mort de 18 manifestants et d'un policier, et fait près de 900 blessés. Dans ce pays particulièrement touché par la pandémie, les difficultés économiques et la montée de la pauvreté, sur fond d'instabilité sécuritaire chronique, ont abouti à une explosion à l'annonce du contenu de cette réforme, retirée le dimanche 2 mai. Christophe Ventura, directeur de recherche à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), a répondu aux questions de Marianne.Marianne : Une réforme fiscale, retirée depuis, a mis le feu aux poudres à Bogota, où les manifestations réprimées violemment ont causé la mort de dix-huit civils et d'un policier. Quelle en était la nature ?Christophe Ventura : Elle comprenait une augmentation de la TVA sur les biens de première nécessité et l'élargissement de l'impôt sur le revenu. C'est une réforme qui organisait l'augmentation de l'impôt indirect, en faisant...

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