Macron à Rodez pour un grand débat sur les retraites
Grand débat, acte II: Emmanuel Macron est arrivé à Rodez jeudi pour participer à un "grand débat" consacré aux retraites, reprenant dans l'Aveyron le format utilisé pour répondre à la crise des "gilets jaunes".

Grand débat, acte II: Emmanuel Macron est arrivé à Rodez jeudi pour participer à un "grand débat" consacré aux retraites, reprenant dans l'Aveyron le format utilisé pour répondre à la crise des "gilets jaunes".

Cette réunion avec 500 personnes devrait commencer avec un peu de retard sur l'horaire prévu (18H30) en raison de l'arrivée décalée du président, qui s'est rendu à la préfecture de police de Paris après la mort de quatre fonctionnaires, poignardés par un collègue, ensuite abattu par les forces de l'ordre.

Jeudi dernier, le chef de l'Etat avait été contraint d'annuler sa venue à Rodez au dernier moment en apprenant la mort de l'ancien président Jacques Chirac. Ce report imprévu a néanmoins permis à l'exécutif de déminer un peu plus ce sujet explosif, qui a déjà provoqué plusieurs journées de mobilisation.

Selon une étude Elabe publiée jeudi, 43% des Français restent opposés à cette réforme qui vise à fusionner en un système unique par points les 42 régimes existants, à l'horizon 202. 32% y sont favorables (-1) et 24% ni favorables, ni opposés (+2).

Dimanche à Guidel (Morbihan), lors de l'université d'été du MoDem, le Premier ministre Edouard Philippe a approuvé plusieurs garde-fous énumérés par François Bayrou. Des décisions déjà énoncées mais sur lesquelles il faut refaire de la pédagogie, selon Matignon.

Edouard Philippe a validé le fait que la valeur du point de retraite serait gérée par une autorité indépendante où siègeraient aussi les syndicats, que les bénéfices acquis seraient préservés, y compris pour les régimes spéciaux, et que les fonds des régimes des professions libérales (médecins, avocats) ne serviraient pas à équilibrer l'ensemble du système.

Dans la salle des fêtes du centre de Rodez, debout, micro à la main, le chef de l'Etat lancera la "large consultation" organisée jusqu'à la fin de l'année sur cette réforme présentée comme la plus importante de la deuxième partie du quinquennat.

L'échange devrait durer au moins trois heures mais pourrait se prolonger au-delà, comme ceux du grand débat post-"gilets jaunes" qui avaient parfois dépassé les six heures.

- "Il faut être un chef" -

Avec Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire aux retraites qui vient d'entrer au gouvernement, le président répondra à 500 lecteurs des trois quotidiens du groupe La Dépêche (La Dépêche, Centre-Presse et Midi Libre).

Le modérateur, Olivier Biscaye, rédacteur en chef du Midi Libre, lui soumettra aussi des questions relayées par 20 titres de la presse quotidienne régionale (PQR) et des télévisions locales qui diffuseront en direct le débat.

Après une année et demie de concertation avec les partenaires sociaux, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher craint que ce débat ne se transforme en "éloge de l'immobilité". "A un moment il faut être un chef, il faut décider", a-t-il exhorté jeudi, et M. Macron doit "avoir le courage de parler de l'âge" de départ à la retraite.

Pour le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, le président va jouer "le professeur dans une salle de classe".

Le gouvernement fait face à un front commun d'opposition. Outre les manifestations organisées par FO et la CGT en septembre, avocats, médecins et pilotes se sont également mobilisés, ainsi que les policiers en force mercredi. La quasi-totalité des syndicats de la RATP ont annoncé une grève reconductible à partir du 5 décembre.

A Rodez, verrouillée par les forces de l'ordre, la CGT, la FSU, l'Union des Gilets jaunes, LFI, le Parti de Gauche, le PCF et SUD notamment ont appelé à un rassemblement à 17H30.

Par ailleurs, environ 400 à 500 salariés de l'usine Bosch de Rodez ont manifesté jeudi, inquiets pour l'avenir du site, affecté par le déclin des moteurs diesel, a-t-on appris auprès de la CGT. Aucune rencontre n'est prévue avec le président, mais "on a mis la pression avec les services de la préfecture, avec le député, pour qu"il nous reçoive", a déclaré le délégué CGT, Yannick Anglarès.

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