Mise en scène léchée, comédiens impeccables, dispositif vidéo aussi surprenant qu'efficace… Guy Cassiers a su relever le défi : adapter parfaitement les « Démons” de Dostoïevski à la Comédie Française. Et montrer par la même occasion combien les questionnements autour du nihilisme soulevés par Dostoïevski éclairent nos obsessions contemporaines.
"Les Démons" de Guy Cassiers : tourbillon d’illusion(s) à la Comédie Française

Dostoïevski précurseur de Nietzsche, pionnier du nihilisme contemporain ? Albert Camus en était persuadé, lui qui le premier adapta au théâtre à la fin des années 1960 le monument de près de mille pages que sont Les Démons. Depuis, on ne compte plus les metteurs en scène qui se sont essayés à l’entreprise, nullement découragés par l’ampleur de l’œuvre ou la liste croissante des adaptations. Après la version remarquée de Sylvain Creuzevault en 2018, c’est le metteur en scène flamand Guy Cassiers qui cet automne pose ses bagages dans l’illustre salle Richelieu, proposant à la troupe historique de la Comédie Française d’incarner sa vision de ces Démons.C’est réussi. Avec ce spectacle rythmé, moderne, vif, Guy Cassiers s'emploie à dynamiser cette institution qu’est la Comédie Française, qui se voit souvent reprocher son côté vieux jeu… La distribution est parfaite, le jeu des comédiens impeccable, et plusieurs outils plastiques sont employés avec brio. Le plus frappant de ceux-ci : le dispositif vidéo. Pourtant, en découvrant les écrans, difficile de ne pas réprimer un soupir, tant cette mode du cinéma au théâtre semble être devenue incontournable – et rarement pour le mieux. Ce qu’en...

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