En dépit des milliards promis par les grandes puissances pour soulager l'économie mondiale face à la crise du coronavirus, rien ne semblait pouvoir enrayer mercredi le dévissage des places boursières, qui s'est encore accentué à la mi-journée en Europe alors que les Etats-Unis se préparaient à de nouvelles turbulences.
Les Bourses plongent de plus belle, insensibles aux milliards déployés

En dépit des milliards promis par les grandes puissances pour soulager l'économie mondiale face à la crise du coronavirus, rien ne semblait pouvoir enrayer mercredi le dévissage des places boursières, qui s'est encore accentué à la mi-journée en Europe alors que les Etats-Unis se préparaient à de nouvelles turbulences.

A l'instar de Tokyo, qui a fini en baisse de 1,68%, les principales places boursières européennes ont toutes balayé à l'ouverture leur rebond de la veille, avant de s'enfoncer davantage.

Vers 13H00 (12H00 GMT), la Bourse de Paris accusait des pertes de 5,24%, Francfort de 5,05% et Londres de 4,36%. De leur côté, Milan et Madrid perdaient respectivement 1,95% et 2,79%.

Et la séance américaine promettait une dégringolade de même ampleur, la bouffée d'oxygène octroyée la veille par les annonces de la Fed et de l'administration américaine ayant fait long feu.

Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average s'enfonçait ainsi de 3,94%, celui de l'indice élargi S&P 500 de 3,70% et celui du Nasdaq, à forte coloration technologique, de 4,44%.

"Les marchés boursiers européens sont dans le rouge bien qu'un certain nombre de gouvernements aient lancé hier des programmes de sauvetage pour soutenir leur économie", relève dans une note David Madden, un analyste de CMC Markets.

"Cela fait écho à la crise bancaire de 2008", selon lui, "quand les gouvernements mobilisaient des sommes d'argent colossales pour faire face à la crise" et apaiser la panique ambiante, mais "il a fallu un certain temps pour que le calme revienne".

Un grand nombre de banques centrales ont abaissé récemment leurs taux directeurs, plusieurs grands pays ont annoncé de larges soutiens budgétaires, mais tant que le virus persiste, les experts doutent de l'efficacité de telles mesures.

- Une note salée -

Dernier en date à dégainer, le Royaume-Uni offrira la garantie de l'Etat sur les prêts aux entreprises pour un montant atteignant 330 milliards de livres (363 milliards d'euros) et des aides de 20 milliards de livres.

La note de tous ces efforts va être très salée alors que les Etats-Unis affinent un plan de soutien dont le montant avoisinerait les 1.000 milliards de dollars, selon les médias américains.

De son côté, la Banque centrale américaine a également créé un nouveau mécanisme devant permettre aux ménages et aux entreprises américains d'avoir plus facilement accès au crédit.

La Banque centrale européenne a pour sa part fourni mardi plus de 100 milliards d'euros de liquidités aux banques.

Un coup de pouce qui s'ajoute aux dizaines de milliards débloqués par plusieurs pays du Vieux Continent devenu l'épicentre d'une pandémie ayant fait au moins 7.873 morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles.

Signe de la défiance accrue des investisseurs, qui anticipent un inexorable creusement des déficits des Etats, les obligations d'Etat européennes et américaines ont connu un fort mouvement de tension en début de séance, qui s'est ensuite tempéré à la mi-journée.

- "Ni lisibilité, ni maîtrise " -

"Pour le moment, les gouvernements ajoutent des décisions nouvelles à d'autres à peine prises, les banques centrales semblent claquemurées dans leur autonomie et la coopération internationale est réduite aux acquêts", écrit dans une note la Banque Postale Asset Management (LBPAM).

"Le tout n'envoie un message ni de lisibilité, ni de maîtrise un tant soit peu prospective de la situation. Redonner confiance est alors une tâche compliquée", poursuit-elle.

"Tant que les cas n'auront pas atteint un pic en Europe et aux États-Unis, les marchés resteront sous pression", prévient pour sa part Esty Dwek, directrice de la stratégie de marché chez Natixis IM Solutions.

Alors que l'Union européenne ferme toutes ses frontières avec l'extérieur jusqu'au 17 avril, la présidente de la Commission européenne a admis que les responsables politiques avaient tous "sous-estimé" au départ l'ampleur du danger représenté par l'épidémie.

Après l'Italie, l'Espagne et la France, c'était au tour de la Belgique mercredi de passer au confinement général.

La chancelière Angela Merkel doit en outre s'adresser mercredi soir pour la première fois aux Allemands à la télévision, pour leur demander de respecter les consignes sanitaires mises en place.

Aux Etats-Unis, les intervenants de marché s'attendent à une mise en place inévitable du confinement de la population, ce qui accentuerait l'impact de l'épidémie sur l'économie.

"La question n'est pas de savoir s'il y aura une récession induite par le coronavirus mais à quel point elle sera grave", affirme Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.

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