Le chef de l'Etat s'était posé il y a cinq ans en barrage contre Marine Le Pen, puis y a amalgamé Jean-Luc Mélenchon dans un combat contre ce qu'il nomme "les extrêmes". Mais son second mandat a débuté par des succès historiques de ces deux forces politiques aux législatives.
Législatives 2022 : quelle responsabilité pour Emmanuel Macron dans le score historique du RN et l'essor de La France insoumise ?

"Je voudrais avoir un mot pour tous ceux qui ont voté aujourd'hui pour Madame Le Pen (…) Je ferai tout durant les cinq années qui viennent pour qu'ils n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes." A peine élu, le 7 mai 2017, Emmanuel Macron s'adressait aux électeurs du Rassemblement national (RN) et se donnait pour mission de les détourner de l'extrême droite. Plus récemment, le discours du chef de l'Etat et de ses soutiens est devenu une dénonciation des "extrêmes", incluant le RN mais aussi La France insoumise (LFI), le pôle radical de la gauche.

Cinq ans après le discours du Louvre, Emmanuel Macron ne peut que constater son échec. Dimanche 19 juin, le RN a décroché 89 sièges de députés, du jamais-vu dans l'histoire de l'Assemblée nationale. De l'autre côté de l'hémicycle, La France insoumise en a obtenu 72, parmi les 133 de la Nupes (selon nos calculs*). Ces deux forces constituent désormais les principales oppositions. Quasiment privé d'élus d'opposition qui seraient malgré tout prêts à discuter pour composer "une majorité d'action", le président réélu se retrouve confronté au risque de "l'immobilisme", selon le chercheur Olivier...