Le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin a expliqué au « Guardian » que les migrants veulent entrer au Royaume-Uni parce que le marché du travail britannique fonctionne en partie avec des « immigrants clandestins » et que l'on peut y travailler même en étant irrégulier. Le secrétaire d'État aux affaires européennes Clément Beaune a lui parlé de « quasi-esclavage moderne ». Y a-t-il du vrai dans leurs propos ? Éclairage avec Emily Kenway, spécialiste de la question.
Le droit du travail en Grande-Bretagne favorise-t-il vraiment l'immigration clandestine ?

Auteur du récent livre The Truth About Modern Slavery (la vérité sur l’esclavage moderne), Emily Kenway, l’une des meilleures spécialistes britanniques du travail illégal et de l’exploitation, répond à ces assertions. Elle a auparavant travaillé pour l’ONG Focus on Labour Exploitation et a conseillé la Commissaire indépendante contre l’esclavage.Marianne : Que pensez-vous des déclarations du ministre français de l’intérieur sur l’attraction d’un marché du travail britannique ouvert aux sans-papiers ?Emily Kenway, De nombreux migrants, avec ou sans-papiers, travaillent dans des secteurs précaires et mal payés au Royaume-Uni. Mais c’est aussi vrai dans de nombreux pays européens, et ce n’est donc pas leur principale motivation pour venir ici. Généralement, ils ont de la famille qui vit déjà en Grande-Bretagne, ils viennent de pays qui ont des liens historiques avec le Royaume-Uni, notamment d’anciennes colonies, ou ils parlent l’anglais.Légalement, peut-on travailler sans-papiers au Royaume-Uni, comme l’affirme Gérald Darmanin ?Non. Pour travailler ici, il faut un document officiel prouvant votre présence légitime dans le pays, que ce soit via un passeport, un visa ou un permis de...