Dans son livre « La fête est finie ? » (L'observatoire, 2021) le directeur des études de la Fondation Jean-Jaurès marche dans les pas de Philippe Muray, regrettant à son tour la fin de l'esprit festif en France. Un essai qui, sans tomber dans les passions tristes, interroge une société malade où les individus oscillent entre individualisme et fuite de soi.
Jérémie Peltier : "Le fameux vivre-ensemble n’existe plus en France"

Marianne : Vous expliquez dans votre essai que « l’esprit de la fête est malade ». Quel est cet esprit aujourd’hui perdu, comment le définissez-vous ?Jérémie Peltier : Dans le livre, j’essaie en effet de préciser ce que nous entendons traditionnellement par « fête » afin de montrer qu’elle est actuellement en mauvaise santé. Il s’agit normalement d’un moment séparé du reste, un moment hors du temps se distinguant de la vie « normale », une parenthèse enchantée dans la vie des individus, un moment qui ne participe pas au flux constant, un moment à la marge, et qui contient, malgré tout, des rites. Une fête a un début, un milieu et une fin. Elle est structurée par des séquences. Pensez à une fête d’anniversaire, ce n’est pas du grand n’importe quoi, il y a certaines règles à respecter : le gâteau, les chansons, les cadeaux.À LIRE AUSSI : LONG FORMAT. France-Algérie 2001 : la fin du mythe Black-Blanc-Beur vue par Marie-George BuffetPar ailleurs, lorsqu’on parle de la fête, on pense à ce que la fête permet ou entraîne quand elle est belle et en bonne santé : une sortie de l’assignation, un moment de découverte de personnes, d’endroits, de nouvelles saveurs, un moment qui permet de...

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